Le country rock

Article publié le 14/09/2017

Avec le country rock, genre musical hybride qui connaît son heure de gloire à la fin des années 1960 et au début des années 1970, c'est à un périple dans les grands espaces américains que vous invite la Loiretek.

 

  • Notre voyage démarre sur la côte californienne. Enfants chéris de la contre-culture américaine, ayant contribué à la naissance du folk-rock et du rock psychédélique, les Byrds opèrent en 1968 une mutation stylistique. L'album Sweetheart of the rodeo enregistré à Nashville, capitale de la musique traditionnelle américaine, est reçu froidement par le public très conservateur du crû et déconcerte les fans du groupe, mais il fonde un nouveau genre musical, le country rock.
  • Prendre son public à contrepied, Bob Dylan sait faire ! Il le démontre une nouvelle fois en 1969, avec Nashville skyline, collection de mélodies country simples, trop sage pour certains mais qui vaut adoubement pour ceux qui vont développer le country rock.
  • C'est au "maître" qu'ils accompagnent à plusieurs reprises que les Canadiens de The Band doivent leur nom. Leur second album éponyme The band est un tableau musical de l'Amérique rurale criant d'authenticité, qui sera beaucoup imité.
  • Originaire de Berkeley, le Creedance Clearwater Revival délivre un country rock tout aussi "roots". L'inventivité de son leader, John Fogerty, culmine dans Green river et son rock moite qui sent bon les bayous de Louisiane où il n'a pourtant jamais mis les pieds !
  • Un revival qui trouve sa pierre angulaire avec l'album Déjà vu de Crosby, Stills, Nash & Young, appelé à devenir une référence de la scène californienne acoustique.
  • Fantasmagorie pour cowboys cosmiques, les New Riders of the Purple Sage (album éponyme) sont l'avatar country rock du groupe de rock psychédélique Grateful Dead, tissant un lien a priori improbable entre outlaws du Far West et hippies.
  • Une formule reprise et popularisée par les incontournables Eagles dont l'album Desperado marque l'apogée d'un genre qui va prendre désormais un tour beaucoup plus pop et commercial.
  • La country californienne à bout de souffle cède alors la place à un rock sudiste aux hymnes efficaces et inoxydables (Sweet home Alabama de Lynyrd Skynyrd) tandis que Nashville recycle avec habileté les modes musicales pour dépoussiérer le genre, alternant entre néo-trad et line dancing, une country cadencée au succès planétaire dont témoigne la multiplication des clubs de danse en France.
  • Alors que triomphe une new country formatée, au son pop rock FM fédérateur, émerge au début des années 1990 un courant dit alternative country dont on retiendra, parmi les figures principales : Steve Earle (Copperhead road) et son country rock flirtant avec le hard rock, et The Jayhawks (Hollywood town hall) qui fusionnent les harmonies caractéristiques de la country et les tonalités sombres du rock indépendant.
  • Et sans doute n'est-ce pas un hasard si à la même époque, le producteur de rap et de heavy metal Rick Rubin fait renaître une gloire un peu oubliée et néanmoins pionnière du country rock : Johnny Cash.

Visuel  : Musicien country, Ryan McGuire – Pixabay.com, CC0