Bon anniversaire à l’Académie Charles Cros !

Article publié le 19/11/2017

Si Novembre est le mois des prix littéraires, il est également marqué par la proclamation des plus prestigieuses distinctions dédiées à la musique enregistrée : les Grands Prix de l'Académie Charles Cros. Retrouvez dans la Loiretek quelques-un(e)s des artistes présélectionné(e)s cette année.

En amont de son traditionnel palmarès annuel, et conformément à de nouvelles orientations stratégiques arrêtées en 2011, l'Académie Charles Cros décerne désormais au fil de l'année ses "Coups de cœur" signalant les productions remarquables et les nouveaux talents.

C'est ainsi que les "Coups de cœur" dédiés à la Chanson francophone pour l'année 2017 ont été proclamés le 14 avril au théâtre de Pézénas dans le cadre du Printival Boby Lapointe. Parmi les 14 artistes distingués, la Loiretek vous recommande particulièrement :

  • le très prometteur premier album de Flora Fischbach dite Fishbach, sensation de l'automne 2016, dont on espère qu'il ne sera pas un espoir déçu.
  • le très cinéphilique et littéraire album éponyme de Clio que d'aucuns comparent déjà à Françoise Hardy.
  • le lyrisme feutré et onirique de Laura Cahen dont l'album Nord est une mélodieuse invitation au voyage.
  • le rock aussi métissé que poétique du groupe Iaross dont le 3ème album nous apprend que les fourmis peuvent crier. Si, si...
  • and last but not least, notre chouchou, le 5ème album de Volo, duo formé par Frédéric et Olivier Volovitch, qui sera peut-être celui d'une reconnaissance amplement méritée.

Le tout était placé sous le parrainage d'Albin de la Simone, l'un des chefs de file de la Nouvelle scène française, distingué pour l'occasion d'un "Coup de cœur spécial".

L'Académie Charles Cros a 70 ans

Fondée en 1947, cette association composée d'une cinquantaine de membres (critiques musicaux, musicologues, compositeurs...), élargie aujourd'hui à une centaine de sociétaires et d'experts associés, s'est donnée pour mission de promouvoir l'enregistrement sonore de la musique et de la parole, de défendre la diversité musicale, l'émergence des nouveaux talents ainsi que l'audace et la créativité des producteurs et éditeurs phonographiques.

Sous le haut patronage du Président de la République, elle décerne tous les ans, depuis 1948, ses "Grands Prix du Disque" distinguant compositeurs et interprètes tant en musique ancienne que contemporaine, savante ou populaire, française ou "du monde", et devenus au fil des ans un véritable "Goncourt de la musique".

Elle emprunte enfin son nom au poète Charles Cros (1842-1888), ami de Verlaine et Rimbaud, qui eut l'idée géniale et pionnière d'un appareil pouvant graver et reproduire les sons, le "paléophone", mais fut devancé par l'Américain Thomas Edison et son phonographe.

 

Visuel : Logo "Coup de cœur" de l’Académie Charles Cros - www.charlescros.org

 

 

Les compositeurs tchèques

Article publié le 17/10/2017

Souvent méconnue, écrasée par l'ombre de ses voisines germanique, italienne et française, l'école musicale tchèque n'en recèle pas moins une richesse que la Loiretek vous propose de redécouvrir. Petit tour d'horizon de ses innombrables talents...

 

  • 1848, le "printemps des peuples" qui embrase l'Europe s'exprime également à Prague. Bedrich Smetana (1824-1884) prend fait et cause pour l'indépendance de son pays, alors sous domination autrichienne, posant les fondations d'une école nationale de musique tchèque. Il est le premier compositeur à s'inspirer du folklore musical et des légendes tchèques, comme l'illustre son œuvre emblématique Ma Vlast (Ma patrie), cycle de 6 poèmes symphoniques dont le célèbre Moldau, évocation musicale de la Vltava, rivière traversant Prague et la Bohème.

 

  • Etrangement, le compositeur qui incarne au plus haut point l'âme tchèque, Antonin Dvorak (1841-1904) doit sa célébrité à une œuvre, la très américaine Symphonie n° 9 dite du "Nouveau Monde", qui en est sans doute la plus éloignée. La tradition musicale tchèque apparaît en revanche plus présente dans son Trio pour piano et cordes n° 4 "Dumky".

 

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 (Trio pour piano n° 4 “Dumky” interprété par le Trio Jade ; https://youtu.be/EDPiTZ09cIU

  • Cette tradition doublée d'un fort sentiment national habite tout autant ses successeurs. A commencer par Leos Janacek (1854-1928), dont la Messe glagolitique reprend une liturgie en vieux slave notée en alphabet glagolitique, ce même alphabet utilisé par les saints Cyrille et Méthode pour évangéliser la Bohème-Moravie au 9ème siècle.

 

  • Violoniste virtuose, élève et gendre de Dvorak, Josef Suk (1874-1935) compose à l'aube du 20ème siècle une impressionnante Symphonie "Asraël", œuvre funèbre dédiée à la mémoire de son maître et de son épouse Otilie, qui est une des références majeures de la musique tchèque moderne.

 

  • L'une des dernières grandes figures de cet âge d’or est Bohuslav Martinu (1890-1959), auteur d'une œuvre considérable - plus de 400 opus ! - notamment orchestrale.

 

Prague, conservatoire de l’Europe

Cette école musicale nait sur un terreau des plus fertiles. La ville de Prague jouit en effet au 18ème siècle de la réputation d'être le "conservatoire de l'Europe". La ville voit passer les plus grands : Haydn, Mozart qui lui dédie sa célèbre symphonie n° 38 et Liszt qui soutient Smetana à ses débuts.

 

La Bohème-Moravie est également une pépinière de "petits maîtres" qui s'expatrient sur tout le continent. Parmi ceux-ci, on retiendra :

  • Johann Stamitz (1717-1757), né Jan Vaclav Antonin Stamic, qui fonde l'Ecole de Mannheim, au service de l'Electeur-palatin, et contribue à fixer la forme de la symphonie classique.
  • Josef Myslivecek (1737-1781) qui mène une brillante carrière en Italie qui lui vaut le surnom de "Il divino Boemo".
  • Jan Krtitel Vanhal (1739-1813), auteur de plus de 1300 compositions dont une bonne centaine de symphonies.
  • Antonin Rejcha (1770-1836), devenu Antoine Reicha en s'installant à Paris où il enseigne l'art du contrepoint et de la fugue à... Hector Berlioz, Franz Liszt, Charles Gounod et César Franck !!!

 

 

Visuel : Vue de Prague et de la Vltava © Francisco Conde Sanchez - Wikimedia Commons, CC-BY-SA 4.0

Le country rock

Article publié le 14/09/2017

Avec le country rock, genre musical hybride qui connaît son heure de gloire à la fin des années 1960 et au début des années 1970, c'est à un périple dans les grands espaces américains que vous invite la Loiretek.

 

  • Notre voyage démarre sur la côte californienne. Enfants chéris de la contre-culture américaine, ayant contribué à la naissance du folk-rock et du rock psychédélique, les Byrds opèrent en 1968 une mutation stylistique. L'album Sweetheart of the rodeo enregistré à Nashville, capitale de la musique traditionnelle américaine, est reçu froidement par le public très conservateur du crû et déconcerte les fans du groupe, mais il fonde un nouveau genre musical, le country rock.
  • Prendre son public à contrepied, Bob Dylan sait faire ! Il le démontre une nouvelle fois en 1969, avec Nashville skyline, collection de mélodies country simples, trop sage pour certains mais qui vaut adoubement pour ceux qui vont développer le country rock.
  • C'est au "maître" qu'ils accompagnent à plusieurs reprises que les Canadiens de The Band doivent leur nom. Leur second album éponyme The band est un tableau musical de l'Amérique rurale criant d'authenticité, qui sera beaucoup imité.
  • Originaire de Berkeley, le Creedance Clearwater Revival délivre un country rock tout aussi "roots". L'inventivité de son leader, John Fogerty, culmine dans Green river et son rock moite qui sent bon les bayous de Louisiane où il n'a pourtant jamais mis les pieds !
  • Un revival qui trouve sa pierre angulaire avec l'album Déjà vu de Crosby, Stills, Nash & Young, appelé à devenir une référence de la scène californienne acoustique.
  • Fantasmagorie pour cowboys cosmiques, les New Riders of the Purple Sage (album éponyme) sont l'avatar country rock du groupe de rock psychédélique Grateful Dead, tissant un lien a priori improbable entre outlaws du Far West et hippies.
  • Une formule reprise et popularisée par les incontournables Eagles dont l'album Desperado marque l'apogée d'un genre qui va prendre désormais un tour beaucoup plus pop et commercial.
  • La country californienne à bout de souffle cède alors la place à un rock sudiste aux hymnes efficaces et inoxydables (Sweet home Alabama de Lynyrd Skynyrd) tandis que Nashville recycle avec habileté les modes musicales pour dépoussiérer le genre, alternant entre néo-trad et line dancing, une country cadencée au succès planétaire dont témoigne la multiplication des clubs de danse en France.
  • Alors que triomphe une new country formatée, au son pop rock FM fédérateur, émerge au début des années 1990 un courant dit alternative country dont on retiendra, parmi les figures principales : Steve Earle (Copperhead road) et son country rock flirtant avec le hard rock, et The Jayhawks (Hollywood town hall) qui fusionnent les harmonies caractéristiques de la country et les tonalités sombres du rock indépendant.
  • Et sans doute n'est-ce pas un hasard si à la même époque, le producteur de rap et de heavy metal Rick Rubin fait renaître une gloire un peu oubliée et néanmoins pionnière du country rock : Johnny Cash.

Visuel  : Musicien country, Ryan McGuire – Pixabay.com, CC0

La musique des étoiles

Article publié le 10/08/2017

Objets de fascination immémoriaux, les astres ont évidemment inspiré les musiciens qui ont célébré leur beauté ou leur conquête. Pour prolonger la 27ème Nuit des étoiles, embarquez donc à bord du vaisseau Loiretek pour une odyssée spatiale et musicale !

 

  • Entamons ce voyage par notre système solaire ! Au début du 20ème siècle, le compositeur britannique Gustav Holst livrait une vision à la fois astrologique et mythologique de celui-ci, à travers son célèbre poème symphonique The Planets dont chacun des 7 mouvements personnifie une des planètes extraterrestres, d'un Mars très belliqueux à un Neptune impressionniste.
  • Comment ne pas trouver un écho de cette composition dans l'inoubliable bande originale du film de Stanley Kubrick 2001, l'odyssée de l'espace, de l'ouverture toute en puissance empruntée à Richard Strauss jusqu'aux compositions évanescentes et parfois inquiétantes du compositeur contemporain György Ligeti ?
  • Plus récemment, le compositeur Michel Redolfi imaginait la bande-son d'un futur voyage vers la mythique planète rouge (Music on Mars) où l'électronique se mêle à un instrumentarium plus classique et à des collages sonores pour une somptueuse rêverie spatiale.
  • Si le son ne peut se déplacer dans le vide sidéral, les étoiles qui nous entourent n'en émettent pas moins des vibrations très musicales dont le compositeur et musicien Claude-Samuel Levine, spécialiste des ondes Martenot et du thérémine, en association avec l'astrophysicienne Sylvie Vauclair, a fait son miel pour composer une Nouvelle musique des sphères.

 

(La nouvelle musique des sphères / Claude-Samuel Levine : 

 

  • Dans un registre plus populaire, les premiers pas de la conquête spatiale, au début des années 1960, ont inspiré un courant de l'Easy listening, alors en plein boom, le Space age pop, dont Russ Garcia fut l'un des représentants emblématiques (Fantastica : Music from outer space).
  • Empruntant à la musique concrète d'un Pierre Henry comme à l'ambient music des années 1970 (Kraftwerk, Brian Eno...), le Dj français Nicolas Chaix aka I:Cube livrait en 2005, au planétarium de la Cité des Sciences de Paris, une performance live minimaliste, sorte de longue dérive cosmique propre à encourager la contemplation des étoiles, allongé dans l'herbe, un soir d'été...

 

Et pour garder la tête dans les étoiles…

« La » ou plus exactement « les » Nuits des étoiles sont une manifestation née en 1991 et organisée par l’Association française d’astronomie et l’association Planète sciences. En prolongement de cet événement, nous vous proposons un petit défi : reconstituer une playlist idéale en cherchant les réponses à notre jeu La tête dans les étoiles.

 

 

Visuel : Vue d’artiste d’une exoplanète - NASA-JPL-Caltech, Domaine public

Jazz à l’Evêché 2017

Article publié le 12/06/2017

La 3ème édition de Jazz à l’Evêché, festival gratuit de jazz proposé par la ville d’Orléans, se déroule du 21 au 24 juin 2017 dans le cadre chic et décontracté de l’Hôtel Dupanloup.

 

En tête d’affiche de la soirée d’ouverture du 21 juin, ne manquez surtout pas le chanteur angolais Bonga, l’autre grand nom d'une scène africaine lusophone longtemps incarnée par la capverdienne Cesaria Evora.

Et en seconde partie de soirée, le duo King Biscuit, formé par les guitaristes Sylvain Choinier et Fred Jouhannet, fera musique de tout ce qui lui tombe sous la main pour délivrer un blues très « roots ».

Le 22 juin, c’est au tour du pianiste cubain Omar Sosa d’éclabousser le jardin des notes de son jazz métissé afro-cubain. Attention, risque de fourmis dans les jambes !

A découvrir également ce soir-là le Duo Fines Lames, pour les sonorités ensorcelantes délivrées dans un dialogue original par l’accordéon de Florent Sepchat et le vibraphone de Renaud Detruit.

23 juin : le cinéma Les Carmes s’associe au festival en programmant à 20h un documentaire sur le violoniste orléanais Théo Ceccaldi.

Malgré l’envergure aujourd'hui nationale de sa carrière, ce lauréat 2011 du 1er Prix du Tremplin Orleans’Jazz revient régulièrement dans sa ville natale jouer avec ses fidèles comparses du Tricollectif et proposera d’ailleurs, à l’issue de la projection, un concert en compagnie de son frère le violoncelliste Valentin Ceccaldi.

Et aussi le 23 juin sur la Grande scène de l’Evêché, Aurore Voilqué 7tet  : la violoniste alsacienne n’aime rien tant que revisiter les grands standards de jazz et de la chanson française dans une fusion très moderne de swing et de bebop. Un répertoire propre à toucher le plus grand nombre !

Le 24 juin, feu d’artifice final avec Fred Wesley & The new JB’s. Le tromboniste est entré dans la légende du jazz soul-funk en tant qu’accompagnateur, directeur musical et compositeur de certains des grands tubes de James Brown. Excusez du peu ! D’où le nom de JB’s pour désigner l’ensemble de cuivres qu’il dirigeait à ses côtés.

 

Visuel : Affiche de la 3ème édition de Jazz à l’Evêché - Orleans-metropole.fr

Le Festival de Sully et du Loiret 2017

Article publié le 12/05/2017

Les beaux jours arrivent et avec eux la saison des grands rendez-vous musicaux ! La 44ème édition du festival de Sully et du Loiret se déroule ainsi du 1er au 18 juin 2017 avec un programme aussi riche qu'éclectique dont la Loiretek vous propose ici un avant-goût...

Ce ne sont pas moins de 18 concerts qui sont organisés à Sully-sur-Loire, bien sûr, mais aussi dans 9 autres villes du Loiret, avec une programmation qui fait, cette année, la part belle au piano.

  • S'il est sans doute inutile de présenter Jean-François Zygel, brillant pianiste et pédagogue qui, entouré du Chœur Spirito, improvisera à partir d'œuvres sacrées un requiem imaginaire donné en l'église Saint-Martin d'Olivet pour ses propres funérailles - il fallait oser ! -, les jeunes talents moins connus du grand public seront particulièrement à l'honneur.
  • L'anglo-taïwanais Kit Armstrong, surdoué du piano et des mathématiques, élève du grand Alfred Brendel, interprétera ainsi avec l'Orchestre de chambre Franz Liszt de Budapest des concertos de Bach et Mozart en l'église Saint-Salomon de Pithiviers, le 3 juin, avant d'accompagner le lendemain la "star" du violon Renaud Capuçon dans un récital Mozart, à l'église Saint-Germain de Sully.
  • La pianiste Lise de La Salle et le violoncelliste Christian-Pierre La Marca, déjà invité du festival l'an dernier, se produiront au château de Sully, dans un concert aux chandelles dont le fil conducteur sera la correspondance amoureuse de Clara et Robert Schumann.
  • Cette édition sera également l'occasion de découvrir le talent de Philippe Hattat, lauréat du prix de composition André Chevillon - Yvonne Bonnaud du Concours international de piano d'Orléans 2016.

  • Le surprenant duo piano-marimbas formé par le jazzman Thomas Ehnco et la bulgare Vassilena Serafimova, revisitera de manière audacieuse Bach, Mozart, Saint-Saëns et Fauré, à Gien le 11 juin.

Le jazz occupe une place inédite dans cette 44ème édition, avec de grands noms au programme ! On ne manquera pas :

  • Le contrebassiste israélien Avishaï Cohen, dans un format trio jazz, le 8 juin au théâtre d'Orléans.
  • Kyle Eastwood, autre contrebassiste et accessoirement fils de célébrité ayant réussi à se faire un prénom, en quintet, le 16 juin au château de Sully.

  • The Amazing Keystone Big Band qui rendra hommage à Django Reinhardt, le 13 juin, à Montargis, avec le grand guitariste Stochelo Rosenberg en invité vedette.

Retrouvez certains de ces artistes et bien d'autres encore que nous n'avons pu présenter ici - les violonistes Héloïse Gaillard, Hélène Schmitt et Elsa Grether notamment... - sur notre webradio dédiée, et plus d'informations sur les concerts en visitant les pages web du Festival de Sully et du Loiret 2017.

 

Visuel : Affiche du 44ème Festival de Sully et du Loiret - Loiret.fr

Les musiques métissées

Article publié le 13/04/2017

Le métissage musical est à la mode. Au risque de plonger le (la) bibliothécaire dont le métier consiste à cataloguer et classer les œuvres dans des abîmes de perplexité quand il faut coller une étiquette sur certains albums. Et vous ? Parviendrez-vous à trancher à l'écoute de notre sélection ?
  • Le phénomène a touché même la musique classique grâce au magicien Hugues de Courson qui orchestre en 1997 la rencontre à priori improbable entre l'œuvre du génial Amadeus et la musique traditionnelle arabe (Mozart l'égyptien).
  • Grand écart également que le projet Afrocubism réunissant à l'initiative du chanteur et guitariste Eliades Ochoa des grands noms de la musique cubaine et de la musique africaine, dont le koriste malien Toumani Diabaté.
  • La kora, la harpe luth des griots africains, inspire en effet nombre de rencontres originales, à l'image de celle de la violoniste suédoise Ellika Frisell et du musicien sénégalais Solo Cissokho (Abaraka ! Tack !) pour un magnifique album folk.
  • Toumani Diabaté fait également partie des invités, venus d'horizons très divers, du bel album de world music enregistré par le trio de percussionnistes persans Chemirani (Trio Chemirani invite).
  • Comment rester insensible à la douce mélancolie émanant de la rencontre du erhu, violon traditionnel chinois, de Guo Gan et du saz, luth persan, du Turc Emre Gültekin (Lune de jade) ?
  • Le fado yiddish, vous connaissez ? Noëmi Waysfeld et son groupe Blik ont osé ! Avec ces chansons d'Amalia Rodrigues revisitées (Alfama), elle jette un pont entre deux traditions partageant une même nostalgie, une même douleur de l'exil.

 

  • Dans quelle case ranger enfin la rencontre du groupe occitan La Talvera et du chanteur brésilien Silvério Pessoa (ForrOccitania) ?

Mais, après tout, pourquoi faudrait-il ranger les artistes dans des cases ? La rencontre et la fusion de traditions musicales en apparence étrangères ne sont-elles pas intrinsèques à la musique ? Songeons ainsi à la musique arabo-andalouse, héritée de la présence arabe dans l'Espagne médiévale, ou, plus proche de nous, au jazz qui a fait de la fusion des styles (latin jazz, jazz manouche, jazz rock, électrojazz, etc.) une véritable marque de fabrique.

S'affranchissant des problématiques de la discothèque traditionnelle, la Loiretek est donc heureuse de pouvoir faire écho à la journée de rencontres autour des Contes et musiques métissées qui s'est tenue le 13 mars à la Fabrique de Meung-sur-Loire.

 

 

Visuel : Affiche du 42ème Festival des Musiques métisses d’Angoulême - Musiques métisses

Les batteurs de jazz

Article publié le 14/03/2017

Trop souvent méconnue et mésestimée du grand public, la batterie est un bel instrument de percussion réveillant les tonalités du jazz. A côté du piano et de la guitare, elle occupe une place essentielle. La batterie est la gardienne du tempo et compte aussi ses virtuoses, en particulier dans le jazz, dont la Loiretek vous invite à découvrir le panthéon.

Parmi ces rois des baguettes et des balais qui ont inscrit leur nom dans l'histoire de la musique improvisée, quelques figures s'imposent immédiatement :

- Le populaire et prolifique Art Blakey bien sûr qui, avec son quintet The Jazz Messengers, contribue fortement à faire de la batterie un instrument soliste et non plus seulement accompagnateur.

- Kenny Clarke, un des inventeurs de la batterie moderne et bebop, qui utilise la cymbale "ride" pour tenir le rythme. Il a côtoyé les plus grands, enregistrant ainsi le classique Our man in Paris aux côtés de Dexter Gordon.

- Max Roach, autre pionnier du bebop, qui donne à la batterie une expressivité révolutionnaire. Elle culmine dans son association avec le trompettiste Clifford Brown (Clifford Brown and Max Roach at Basin Street).

- Elvin Jones dont l'énergie et le sens de la polyrythmie s'épanouit dans les années 60 au sein du quartet de John Coltrane auquel il rendra hommage (Illumination / Dear John C.).

- Le vénérable Roy Haynes qui, en 70 ans d'une carrière courant du swing au jazz d'avant-garde, s'est imposé comme une référence majeure pour la jeune génération (The Roy Haynes Trio featuring...).

- Plus proche de nous, Jack DeJohnette prouve dans l'un de ses derniers enregistrements pour le label ECM (In movement) qu'il n'est pas seulement le brillant sideman de Keith Jarrett et tant d'autres icônes de la scène jazz.

Autant de figures tutélaires que ne renieraient sans doute pas les grands batteurs européens, à commencer par le Français le plus connu mondialement : Manu Katché

Le savez-vous ?

L'apparition de la batterie au début du 20ème siècle est intimement liée à la naissance du jazz, quand quelques musiciens et inventeurs géniaux ont l'idée d'associer des percussions jusqu'alors jouées séparément au sein des brass bands, ces fanfares accompagnant les fêtes et cérémonies de la communauté afro-américaine. Grosse caisse, caisse claire, toms, cymbales forment ainsi l'ossature d'un instrument pouvant désormais être joué par un seul individu.

Envie de relever un petit défi ?

Testez vos connaissances avec notre quiz Poum ! Tchac ! Poum ! La batterie, cette méconnue.

 

 

Visuel : Batterie de Stephan Czuratis –– Wikimedia Commons, CC-BY-SA 2.5

Honneur aux compositrices !

Article publié le 10/02/2017

Trop souvent ignorées, les femmes composant de la musique sont à l'honneur ce mois-ci sur la Loiretek. Une fois n'est pas coutume, Wolfgang, Ludwig et compagnie sont priés de céder la place à Clara, Fanny et tant d'autres artistes injustement méconnues.

Si la femme de lettres est connue dès l'Antiquité, la compositrice est beaucoup plus rare et les femmes se trouvent au mieux reléguées au rôle de brillantes interprètes (cantatrices, pianistes). Quelques figures talentueuses émergent pourtant au fil des siècles :

  • L'abbesse Hildegard von Bingen fait ainsi figure de pionnière, composant au 12ème siècle 70 chants et psaumes liturgiques dédiés notamment à la Vierge (Sponsa Regis).
  • Dans l'Italie du 17ème siècle, la vénitienne Barbara Strozzi est l'une des premières femmes à intégrer une académie de musique grâce à ses dons de chanteuse virtuose et de compositrice, publiant 125 arias, cantates et madrigaux (Il primo de madrigali).
  • En France, la claveciniste Elisabeth Jacquet de la Guerre se distingue particulièrement, composant des sonates qui lui attirent les louanges du roi Louis XIV (Sonates en trio).
  • Au cœur d'un 19ème siècle qui ne conçoit la femme que bonne épouse et bonne mère, étouffant la créativité pourtant remarquable d'une Fanny Hensel-Mendelssohn (Lyrische stücke für klavier), Clara Schumann mène une carrière exceptionnelle de concertiste et de pédagogue qui éclipse cependant son œuvre (Clara Schumann et son temps...).
Une reconnaissance tardive

A la charnière des 19ème et 20ème siècles, quelques compositrices acquièrent une timide reconnaissance de leurs pairs masculins.

  • C'est le cas de Marie Jaëll (Musique symphonique & musique pour piano), admise à la Société des compositeurs de musique de Paris en 1887, et de Lili Boulanger, première femme à remporter le Grand prix de Rome de composition musicale en 1913 (The religious hymns of Lili Boulanger).

De nos jours, si la reconnaissance professionnelle est bien là, celle du public tarde encore. Qui connaît en effet…

  • La compositrice russe Sofia Goubaidoulina, auteure d'un magnifique concerto pour violon (Offertorium) créé en 1980.
  • La finlandaise Kaija Saariaho et son œuvre marquée par l'esthétique spectrale (L'aile du songe & poems by Saint-John Perse).
  • Betsy Jolas, figure de l'avant-garde d'après-guerre qui, farouchement indépendante, en refusa les diktats pour défendre une certaine idée de la modernité dans la continuité.

  • Edith Canat de Chizy, première compositrice admise à l'Institut de France en 2005, lauréate en 2016 du Prix du Président de la République de l'Académie Charles-Cros pour l'ensemble de son œuvre (Times).

Visuel : Clara Schumann, pastel de Franz von Lenbach, 1878 - Wikimedia Commons, Domaine public

La musique indienne

Article publié le 12/01/2017

Le 15 août 1947, après deux siècles de domination britannique, l'Inde recouvrait son indépendance. La Loiretek célèbre à sa manière le 70ème anniversaire de cet évènement en mettant à l'honneur la musique indienne. 
  • Dès 1948, Ravi Shankar rendait hommage à l'un des héros de l'indépendance, en composant un raga dédié à Gandhi (Homage to Mahatma Gandhi), assassiné quelques jours auparavant. Un demi-siècle durant, ce virtuose du sitar fut le plus brillant ambassadeur de la musique indienne à travers le monde, initiant l'Occident aux subtilités de la musique savante du sous-continent.
  • Parmi les grands solistes de la musique classique indienne, il faut citer également le maître des tablas Alla Rakha qui accompagna souvent Ravi Shankar avant de transmettre le flambeau à son fils Zakir Hussain (Shared moments), et le flûtiste Hariprasad Chaurasia dont l'album Call of the valley révolutionna la musique indienne et contribua à la populariser en Occident.
  • La richesse mélodique et rythmique de la musique indienne, ses variations infinies et la large place laissée à l'improvisation ont en effet de quoi séduire les musiciens chevronnés et curieux. C'est ainsi que le violoniste Yehudi Menuhin enregistrait en 1967 un album avec Ravi Shankar (Menuhin meets Shankar). Mais c'est le jazz qui fut et demeure le terrain privilégié des fusions expérimentales entre musique indienne et occidentale, du guitariste John McLaughlin (Remember Shakti) au groupe français Mukta (Indian sitar & world jazz).
  • Au grand jeu du brassage culturel est-ouest, retenons aussi Anoushka Shankar, digne héritière de son père et brillante sitariste, qui jette un pont entre tradition indienne et flamenco (Traveller), nous rappelant ainsi les origines indiennes des tziganes…

Elle flirte aussi avec l'Asian underground (Rise), cette fusion de la musique indienne et de l’électro dont l'anglais Talvin Singh fut le héraut (Anokha).

  • Si la musique classique indienne ignore la forme orchestrale occidentale, celle-ci a su s'épanouir au sein de la filmi, musique composée pour les films de Bollywood et leurs intermèdes musicaux obligatoires. Cette musique populaire, où le sophistiqué côtoie le plus kitsch, a ses stars à l'image d'une Lata Mangeshkar (Queens of Bollywood), recordwoman des chansons enregistrées pour le cinéma - plus de mille chansons ! - ou du compositeur prodige A.R. Rahman (Lagaan).

 

Visuel : Anoushka Shankar en concert, Janvier 2013 © Peter Tea – Flickr.com, CC BY-ND 2.0

L’Autre Distribution, la musique autrement

Article publié le 12/12/2016

La Loiretek met à l'honneur un de ces artisans du disque qui continue de défendre la diversité musicale et la découverte des nouveaux talents, alors que la crise du marché de la musique enregistrée se traduit par un appauvrissement de l'offre.

 

Quel dénominateur commun lie des artistes à priori aussi dissemblables que... ?
  • La chanteuse réunionnaise Christine Salem qui perpétue la tradition du maloya, ce blues hérité des esclaves, tout en le modernisant (Larg pa lo kor).
  • Rosemary Standley, chanteuse du groupe Moriarty, qui s'offre une parenthèse pour revisiter avec la violoncelliste Dom La Nena des chansons de Leonard Cohen, Tom Waits et... Henry Purcell !
  • Le troubadour occitan André Minvielle qui se fait le chantre de l'1time - jeu de mot ! -comme espace de résistance à l'homogénéisation qui nous menace.
  • L’Orchestre National de Jazz, dirigé par Olivier Benoît, qui nous entraîne dans une déambulation musicale iconoclaste dans les rues et les ruines de la capitale italienne (Europa Rome).
  • Le collectif franco-malien Midnight Ravers et sa fusion étonnante de la tradition mandingue et du trip-hop (Sou kono).
  • Le compositeur Hugues Dufourt offrant aux Percussions de Strasbourg une adaptation incandescente d'un poème de William Blake (Burning bright).

  • Le groupe tourangeau Ez3kiel dont le post-rock ample et onirique sort renforcé de sa collaboration avec l'Orchestre symphonique du conservatoire de Tours (The Naphtaline Orchestra).
  • Zinnya, duo orléanais voix-guitare formé par Georgia Hadjab et Serge Fourneret qui marient avec talent les influences les plus diverses (jazz, soul, world).
Réponse : L'Autre Distribution

Ce producteur et distributeur indépendant (Montlouis-sur-Loire), fondé en 1995 par Luc Genetay et Annie Benoid, fait courageusement le travail de découvreur de talents que ne font plus les grandes "majors" du disque : récupérer les recalés du système, défendre une offre de musique diversifiée, de la chanson française à l'électro en passant par la chanson enfantine, et des genres musicaux délaissés car pas assez rentables tels que le jazz et les musiques du monde.

 

Ecoutez l’interview accordée par Luc Genetay à Hélène Hazéra, le 22 avril 2012 sur France Culture, émission Chanson Boum ! : https://www.franceculture.fr/emissions/chanson-boum/lautre-distribution

 

 

Visuel : Pochette de l’album Spontanéité de Zinnya - L’Autre Distribution

Alex Beaupain, entre chanson et cinéma

Article publié le 10/11/2016

Loin, 5ème album solo d'Alex Beaupain, paru récemment et présent sur la Loiretek, vient confirmer que cet auteur-compositeur-interprète figure parmi les plus talentueux de la chanson française contemporaine. Un hommage s'impose...

Ce franc-comtois, né en 1974, a de toute évidence beaucoup écouté Alain Souchon, Serge Gainsbourg et surtout Etienne Daho. A l'image de ce dernier, il cultive un dandysme pop et littéraire, soit une manière élégante d'habiller de mélodies douces et légères, parfois même franchement dansantes, des textes d'une profonde mélancolie, quand ils ne sont pas d'une tristesse abyssale.

D'une écriture fine, quasi impressionniste, n'excluant pas une certaine crudité, il chante le deuil, le temps qui passe et la fin de toute chose, thèmes récurrents d'albums subtilement autobiographiques. Le deuil d'une fiancée trop tôt disparue forme ainsi le fil conducteur de ses premiers disques (Garçon d'honneur, 33 tours). Les amours éphémères et sabordées, vaines tentatives de combler le vide, sont également très présentes (Pourquoi battait mon cœur). Le deuil des parents enfin (Après moi le déluge, Loin)...

"La tristesse durera toujours", refrain de la belle chanson "Van Gogh", pourrait à lui seul résumer l'œuvre d'un auteur-compositeur aussi discret que talentueux.

De la chanson au cinéma

Parfois comparé à Vincent Delerm, autre figure majeure de ce qu'on appelait alors la Nouvelle scène française, Alex Beaupain partage avec lui un même goût pour les atmosphères cinéphiliques. Pas étonnant dès lors que le réalisateur Christophe Honoré ait trouvé dans l'album Garçon d'honneur la trame de son film musical Les chansons d'amour, qui vaudra au chanteur un César de la meilleure musique de film en 2008.

Autre point d'orgue d'une collaboration avec ce cinéaste, riche d'une dizaine de bandes originales, la comédie musicale Les bien-aimés donne une nouvelle fois l'occasion à Alex Beaupain de nous bercer de ses chansons pop douces-amères. Un style raffiné que l'on retrouve en 2015 quand il met en musique le roman-enquête d'Isabelle Monnin, Les gens dans l'enveloppe.

Retrouvez ce livre ainsi que la discographie complète d'Alex Beaupain dans la sélection de la Médiathèque départementale et si vous êtes fan, alors faites-vous plaisir avec notre quiz.

 

Visuel : Alex Beaupain © Georges Biard – Wikimedia Commons, CC-BY-SA 3.0

Les guitar heroes

Article publié le 11/10/2016

Da da dam ! Da da dadam ! Avez-vous reconnu le "riff" le plus célèbre de l’histoire du rock ? Une piqûre de rappel s’impose ! Retrouvez sur la Loiretek Ritchie Blackmore, Jimi Hendrix et d’autres "héros" de la guitare électrique.

 

Parmi les figures légendaires de la guitare rock, la plus célèbre est sans conteste Jimi Hendrix. Autodidacte de génie, cet américain pousse dans ses retranchements le potentiel expressif de sa Fender Stratocaster, dans des solos hallucinés et hallucinants qui culminent dans son chef d’œuvre, Electric ladyland.

 

Son aura en ferait presque oublier le rôle pionnier d’Eric Clapton, premier "guitar hero" de l’histoire du rock, surnommé "God" en toute simplicité… ou "Slowhand", que nous ne traduirons pas ici… Et celui de Jeff Beck qui, au sein de groupes tels que les Yardbirds, ont eu une influence stylistique majeure sur la guitare rock, notamment par leur usage de la fuzz box, pédale d’effet produisant une saturation du son.

 

Leur blues-rock survolté ouvre la voie au hard-rock des années 70 dont les groupes phares, Led Zeppelin et Deep Purple, sont emmenés par Jimmy Page et Ritchie Blackmore, auteurs de motifs instrumentaux (les fameux riffs de guitare !) devenus des classiques : Whole lotta lova, Smoke on the water.

 

Le jazz-rock et le rock progressif ont également leurs légendes. Une prestation mythique au festival de Woodstock en août 1969 vaut ainsi à l’Américain Carlos Santana une notoriété jamais démentie. De son côté, le jeu propre et minimaliste, aérien et mélodique de David Gilmour sauve souvent Pink Floyd de la boursouflure.

 

Dans les années 80, émerge une nouvelle génération de guitaristes à la technique impressionnante dont Joe Satriani et Steve Vai sont les représentants les plus fameux, au service d’un rock instrumental virtuose mais parfois un peu trop lisse.

 
Guitar hero : une distinction qui se mérite !

Instrument emblématique du rock, la guitare électrique vaut à celui qui en joue un statut privilégié au sein des groupes ainsi qu’un succès fou auprès des filles, n’est-ce pas Cédric ? Lui seul peut, par sa technique, son exubérance aussi, rivaliser avec le chanteur. Gratter de la "6 cordes" ne suffit cependant pas à se voir attribuer par la critique spécialisée et le public la distinction officieuse, apparue dans les années 60, de "guitar hero". Il faut en effet allier à la virtuosité technique du charisme et une empreinte incontestée sur l’histoire du genre, et rares sont finalement les élus.

 

Visuels : Jimi Hendrix, photo A. Vente - Wikimedia Commons, CC-BY-SA 3.0nl

               Jimmy Page, photo Dina Regine - Wikimedia Commons, CC-BY-SA 2.0

Le fado ou le chant triste du Portugal

Article publié le 12/09/2016

C'est la rentrée. Adieu les vacances, bonjour l'automne... Que diriez-vous de mettre quelques notes de musique sur le spleen qui vous étreint ? Avec le fado, les Portugais sont passés maîtres dans l'art de chanter la mélancolie et la tristesse.

 

Evoquer le fado, c'est inévitablement débuter son propos par la figure tutélaire d'Amalia Rodrigues, surnommée la "Reinha do fado", qui pendant un demi-siècle a symbolisé l'âme d'un peuple, devenant l'ambassadrice d'une musique autant que d'une nation. Sa forte présence scénique, sa voix vibrante et incomparable mises au service de grands poètes et de grands compositeurs ont contribué à renouveler le genre et à le populariser dans le monde comme en témoignent les concerts triomphaux qu'elle donna à l'Olympia et Bobino en 1959 et 1960.

Une ombre écrasante qui éclipserait presque des "fadistas" tout aussi remarquables à l'instar du guitariste Armandinho, des chanteurs et chanteuses Joao Braga, Maria Teresa de Noronha et d'autres que l'on retrouve dans la compilation Casa do fado.

Dans les années 1990-2000, une nouvelle génération de musicien(ne)s a émergé qui, tout en se revendiquant de la tradition fadiste, l’a modernisée en interprétant des textes d'auteurs contemporains (Fernando Pessoa, Antonio Lobo Antunes) et en expérimentant des croisements audacieux avec d'autres genres musicaux tels que le jazz, la bossa nova et le tango. Parmi ces nouvelles "stars", on retiendra ainsi les noms de Misia, Mariza, Ana Moura, Cristina Branco, Katia Guerreiro, qui témoignent de l'extraordinaire vitalité du fado.

Un blues lusophone

Apparu au début du 19ème siècle, au bord du Tage et dans les bas-fonds de Lisbonne, le fado puise ses racines dans la lointaine tradition des troubadours comme dans les influences mauresques, africaines et surtout brésiliennes. On ne s'étonnera donc pas de trouver dans ce chant populaire un même goût pour la "saudade", cette mélancolie teintée de nostalgie. Traditionnellement accompagné par la guitarra et le violao (guitare classique), le fado "authentique" cher aux puristes n'est plus guère entendu aujourd'hui que dans les cafés des quartiers historiques et touristiques de Lisbonne à l'image de l'Alfama.

Pour en savoir plus sur le fado lisboète, et son cousin plus érudit et rebelle de Coimbra, les films documentaires d’Yves Billon (Fado, ombre et lumière) et de Frédéric Touchard (Novo Fado) sont à découvrir.

Visuel : Graf d’Amalia Rodrigues par Jef Aerosol de Môsieur J. – Wikimedia Commons, CC-BY-SA 2.0

Back to Bach : Bach revisité

Article publié le 11/07/2016

Bach : un vieux monsieur à perruque dont la musique ringarde ne nous parle plus ? Détrompez-vous ! Ils sont nombreux ceux qui, se jouant des frontières entre musiques savantes et actuelles, revisitent l’œuvre du grand compositeur pour mieux en rehausser l’éclat.

 

  • L’ex-Malicorne Hugues de Courson et le chanteur gabonais Pierre Akendengue inauguraient cette vogue, en 1995, avec Lambarena, album tissant un dialogue original et fécond entre musique baroque et rythmes traditionnels du Gabon.
  • Si les plus anciens se souviennent de Jacques Loussier faisant swinguer Bach dans les années 50-60 (Play Bach), force est de constater que l’improvisation sur son œuvre est devenue récemment une tendance lourde au sein de la scène jazz.
  • En 2008, le saxophoniste Raphaël Imbert jetait ainsi un pont entre les univers musicaux très différents du compositeur allemand et de John Coltrane (Bach Coltrane). Dans son sillage, une nouvelle génération de musiciens issus des conservatoires s’encanaillait, puisant dans les partitions du maître l’inspiration de démarquages fort réussis. C’est le cas du pianiste américain Dan Tepfer s’attaquant aux célèbres Variations Goldberg ou du duo aussi inattendu que raffiné du pianiste de jazz Edouard Ferlet et de la claveciniste Violaine Cochard (Bach : Plucked / Unplucked).
  • D’aucuns ont poussé encore plus loin l’audace formelle, à l’instar de Nicolas Godin, moitié du duo électro Air, tissant le lien a priori improbable entre Bach et la pop music (Contrepoint), ou de Craig Leon, ancien producteur des Ramones et de Blondie, interprétant toccatas et fugues sur un synthétiseur Moog (Bach to Moog).

(Craig Leon live in London – Toccata et fugue en ré mineur, BWV 565 ; https://www.youtube.com/watch?v=UlAgW7_YC44)

 

Le cantor* de Leipzig

Johann Sebastian Bach (1685-1750) est le plus illustre représentant d’une lignée prolifique de musiciens allemands, lui-même père de 10 enfants dont 4 deviendront des compositeurs célèbres en leur temps. Violoniste, claveciniste et organiste virtuose, il mène une carrière tout entière guidée par la passion de la musique et la foi luthérienne, au service de cours princières et de municipalités d’Allemagne centrale (Arnstadt, Weimar, Leipzig). Par sa science des instruments et de la composition, il porte au plus haut degré de perfection le style musical baroque, laissant un catalogue immense et multiforme, profane et sacré, riche en chefs-d’œuvre (Le Clavier bien tempéré, les Concertos brandebourgeois, la Messe en si mineur, la Passion selon Saint Mathieu...). Oublié pendant près d’un siècle, il est redécouvert par les Romantiques puis les artisans du renouveau baroque au 20ème siècle au point de devenir une référence incontournable de la musique occidentale.

 

* chef de chœur

 

Visuel : Pochette album I love Bach © Sony Classical

Faites le plein de Jazz à l’Evêché !

Article publié le 10/06/2016

C’est une affiche très alléchante que propose le festival orléanais du 22 au 25 juin. Nul doute que la "jauge" du jardin de l’Evêché sera de nouveau vite atteinte. La Loiretek vous aide à choisir les concerts à ne pas manquer et se propose de vous consoler si vous ne pouvez y assister !

 

En guise d’amuse-bouche, la ville d’Olivet, partenaire de la manifestation, propose au public, le soir de la Fête de la Musique le 21 juin à 19h00, de découvrir le trio électro-acoustique du pianiste-organiste Laurent Coulondre dans le cadre verdoyant du Parc du Poutil au bord du Loiret.

 

Dans une ambiance rénovée que l'on nous promet très "jazz club", le jardin de l’Evêché verra ensuite défiler des têtes d'affiches dont le seul nom donne le tournis :

 

  • China Moses, qui a largement prouvé qu'elle n'était plus simplement la fille de... (Dee Dee Bridgewater, pour ceux qui l’ignoreraient encore) ouvre les festivités mercredi 22 juin à 20h30.
  • L’Italien Paolo Fresu, un des plus grands trompettistes et buglistes de jazz contemporains, jeudi 23 juin.
  • Le pianiste Shaï Maestro, ancien sideman d'Avishai Cohen, illustrera la vitalité de la scène jazz israélienne vendredi 24 juin.

 

Le festival s'achèvera samedi 25 juin, comme il aura commencé, sur des sons très groovy avec Sandra Nkake et le collectif Push Up ! revisitant avec classe la Great black music.

 

(Clip vidéo officiel « What goes through your eyes » de Push Up! ; https://www.youtube.com/watch?v=XJYuz8AXsXg)

 

Un tremplin privilégié pour les talents locaux

Ayant succédé au défunt Orléans’Jazz en 2015, Jazz à l’Evêché est un festival gratuit et en plein air proposé par la mairie d’Orléans, dans le cadre majestueux et convivial du jardin de l’hôtel Dupanloup (ancien évêché et ancienne bibliothèque municipale), derrière la cathédrale Sainte-Croix.

 

Ce ne sont pas moins de 25 concerts et animations musicales qui sont organisés pendant 4 jours, sous la direction artistique de Stéphane Kochoyan, en partenariat avec les associations ô jazz !, Tricollectif, ABCD et Le Nuage en Pantalon.

 

Si Jazz à l’Evêché est l’occasion de voir et entendre des vedettes de renom national et international, c’est aussi une scène qui fait la part belle aux nouveaux talents et aux artistes locaux. A l’image de… :

 

  • OJazzO (Organic Jazz Orchestra), ensemble de 10 musiciens orléanais, mercredi 22 juin à 19h00.

 

(OJazzO en studio d'enregistrement ; https://www.youtube.com/watch?v=putoQuemDYY)

 

  • Lakko Trio de Benoît Lavollée, Rémi Bernard et Adrien Chennebault, jeudi 23 juin à 19h00.

(Vidéo officielle de "Trio per uno" ; https://www.youtube.com/watch?v=8MjvdiTvZDs)

 

  • Gauthier Toux Trio, lauréat du tremplin "jazz or JAZZ" 2016, samedi 25 juin à 20h00.

 

(Concert enregistré au Théâtre du Briançonnais, Altitude Jazz Festival 2012 ; https://www.youtube.com/watch?v=Icqxw0RFgzo)

 

Retrouvez ces talents locaux via notre plateforme Musiques en Loiret

 

Visuel : André Manoukian en concert, Jazz à l’Evêché 2015 © Joël Aubry – Flickr.com, CC-BY-NC-ND 2.0

Les invités du Festival de Sully et du Loiret

Article publié le 12/05/2016

Jeunesse et romantisme au programme de l’édition 2016 du Festival de Sully et du Loiret ! Retrouvez sur la Loiretek notre sélection des artistes invités et écoutez-les – c’est la bonne nouvelle de ce printemps ! – sur votre smartphone ou votre tablette.

 

Du 19 mai au 5 juin, ce ne sont pas moins de 17 concerts qui vous sont proposés à Sully-sur-Loire ainsi qu’en 9 autres lieux remarquables du Loiret. Une 43ème édition qui fait la part belle à la jeunesse avec de nombreux représentants de la nouvelle génération d’interprètes classiques.

 

Ainsi pourra-t-on écouter lors du concert d’ouverture Christian-Pierre La Marca, brillant représentant de l’école française de violoncelle qui, avec son frère Adrien (alto) et le violoniste Amaury Coeytaux, accompagnera le pianiste David Kadouch.

 

 

 

 

 

 

(Adrien et Christian-Pierre La Marca avec David Kadouch aux 21èmes Victoires de la Musique Classique, 2014 ; https://www.youtube.com/watch?v=Y34T-cK2ckc#action=share)

 

On appréciera également la virtuosité du violoniste star Nemanja Radulovic, la fraîcheur du quatuor à cordes Voce ainsi que le brio de l’Ensemble Masques d’Olivier Fortin, incarnation du renouveau baroque 3.0.

 

Toujours éclectique, le festival de Sully régalera également ceux qui aiment le jazz avec le charme enchanteur de la plus européenne des chanteuses américaines, Stacey Kent, tandis que le saxophoniste italien Stefano di Battista rendra un hommage à Charlie Parker, génial inventeur du be-bop. Les amateurs de musiques du monde y trouveront enfin leur compte avec le guitariste Paco El Lobo, héritier de la plus pure tradition flamenca, et le Sirba Octet revisitant la tradition musicale yiddish.

 

Retrouvez les artistes invités sur votre smartphone ou votre tablette !

Depuis le 1er avril, vous pouvez découvrir tous ces artistes, ainsi que bien d’autres sélectionnés par vos bibliothécaires, sur vos appareils nomades. Pour ce faire, il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous.

 

 musicMe

 

Une fois connecté à la plateforme d’écoute MusicMe, ouvrez votre compte (en haut à droite sous la bannière Loiretek) puis cliquez sur l’onglet Appli Mobile. Créez vos identifiants de connexion (adresse e-mail et mot de passe) puis téléchargez sur votre appareil mobile l’application MusicMe Bibliothèques & Médiathèques, disponible sur GooglePlay et Appstore. L’ouverture de votre accès vous sera confirmée par un mail automatique. Grâce à cette application, vous pourrez profiter de notre webradio du festival ainsi que d’extraits des albums mis en avant dans nos bandeaux d’actualités. Bonne écoute !

 

( Visuel : Affiche du Festival de Sully et du Loiret 2016 - Département du Loiret )

La Britpop

Article publié le 12/04/2016

Angleterre, 1995. Souvenez-vous… Les médias s’emballent alors pour Blur et Oasis, les icônes turbulentes d’un énième revival du rock britannique. Ils ne sont pourtant que la partie émergée d’un courant musical, la Britpop, qui vaut beaucoup mieux que l’image qu’ils en ont laissée.
 

Il y a en effet quelque chose d’un peu factice dans la rivalité montée en épingle entre les enfants de la classe moyenne londonienne (Blur) et les prolos de Manchester (Oasis), vaine tentative de rejouer l’opposition mythique – et surfaite ! – entre les Beatles et les Rolling Stones.

 

Un duel qui masquerait presque une différence de style bien réelle entre Blur dont les inspirations éclectiques (pop sixties, glam, new wave, disco, ska) imprègnent l’album Parklife et Oasis qui lorgne parfois outrageusement vers les Beatles et les Jam, à grand renfort de guitares lourdes et de distorsions (Wonderwall).

Blur vs Oasis :

 

Dans l’ombre de ces poids lourds, évoluent cependant d’autres groupes tout aussi intéressants. Si le trio Supergrass et son savant mélange de pop et de punk-rock triomphe également en 1995, laissant une impression durable chez de nombreux fans, qui se souvient en revanche des Bluetones, des Kula Shaker et de leur psychédélisme sophistiqué ? Injustement oubliés aussi les Boo Radleys évoluant entre pop raffinée et shoegazing. Les Ocean Colour Scene, au style assez voisin de celui d’Oasis, ne retrouveront jamais le succès de leurs débuts.

 

La Britpop s’essouffle à la fin des années 1990, jetant ses derniers feux avec la pop lyrique et énergique de The Verve. Une scène alternative très marquée par le rock indépendant et expérimental lui succède, tournant le dos au rock massue d’Oasis pour une pop plus introspective et mélodieuse. Des échos de la Britpop sont néanmoins encore perceptibles chez des groupes tels que Travis, Doves et Elbow. Son influence est plus manifeste encore chez Starsailor, Keane et Kaiser Chiefs.

 
Un certain classicisme rock

Comme son nom l’indique, la Britpop désigne un courant musical typiquement britannique puisant son inspiration principale dans le rock et la pop sixties (Beatles, Rolling Stones, Kinks, Small Faces) non sans y intégrer des éléments issus des courants punk et new wave des années 1970-80. Faisant la part belle aux guitares et à un format de chansons plus court, elle est une réaction face au succès des musiques électroniques et des groupes grunge américains (Nirvana, Pearl Jam) du début des années 1990. Parfois critiquée pour son manque d’innovation et une fâcheuse tendance au plagiat passéiste, la Britpop illustre pourtant l’incroyable vitalité de la scène rock britannique.

 

( Photo : Graham Coxon et Damon Albarn de Blur, Newcastle Academy, juin 2009 © Lola’s Big Adventure ! – Wikimedia Commons, CC-BY 2.0 )

Shakespeare in music

Article publié le 11/03/2016

Le surnom de "Barde" qui lui est souvent attribué par les historiens illustre le lien étroit unissant le grand dramaturge anglais à la musique. A l’heure des commémorations de sa mort, en avril 1616, la Loiretek revisite quelques-unes des nombreuses adaptations musicales, parfois improbables, de ses œuvres.

 

Le théâtre de William Shakespeare a inspiré une multitude d’opéras et de pièces orchestrales.

 

The Fairy Queen (La reine des fées), semi-opéra composé en 1692 par Henry Purcell, inaugure ainsi une longue liste d’adaptations, plus ou moins libres, du Songe d’une nuit d’été, dont la plus célèbre est probablement celle de Félix Mendelssohn, avec sa fameuse "Marche nuptiale".

 

Ses tragédies surtout ont excité l’imagination des compositeurs à l’instar de Verdi (Otello).

 

La plus adaptée d’entre elles, Roméo et Juliette, a été mise en musique par Tchaïkovski, sous la forme d’une ouverture symphonique, et par Prokofiev qui en fit un ballet fameux. De son côté, Hector Berlioz en tira la substance d’une symphonie dramatique. Mais pour le grand public, et les jeunes générations, c’est avant tout une comédie musicale de Gérard Presgurvic, à laquelle on peut préférer un original Roméo kiffe Juliette du slameur Grand Corps Malade…

 

Dans un registre tout aussi populaire, qui se souvient de l’opéra-rock Hamlet de… Johnny Hallyday ? Si, si… Une curiosité de 1976.

 

Mais peut-être préférerez-vous l’hommage subtil des jazzmen Guillaume de Chassy et Christophe Marguet ?

 

 

(https://soundcloud.com/guillaume-515809467/capulets-and-montaigues-go ; Shakespeare songs de Guillaume de Chassy sur Soundcloud)

 

Le cinéma ayant beaucoup emprunté au corpus shakespearien nous a également offert quelques belles partitions, à l’instar de celle écrite par Stanley Warbeck pour le délicieux Shakespeare in love.

 

La musique et le théâtre élisabéthain

 

Le théâtre élisabéthain, véritable art total, accordait une place importante à l’expression musicale, celle-ci ayant vocation à distraire le public par le biais d’intermèdes mais aussi à souligner le propos dramatique et le caractère des personnages (In the streets and theatres of London). Nul auteur de l’époque n’a cependant poussé aussi loin que William Shakespeare l’intégration de la musique dans ses pièces, notamment sous forme de chansons, de danses, de sérénades et d’allusions très fréquentes dans ses textes. Son œuvre poétique même, ses fameux sonnets, d’une grande musicalité, a fait l’objet de nombreuses adaptations (Shakespeare songs : Full fathom five).

 

En cela, il est un exemple parmi d’autres des noces fécondes de la littérature et de la musique, auxquelles nous vous convions avec ce quiz

 

Visuel : Couverture du dvd Shakespeare in love © G.C.T.H.V. 2000

La bossa-nova : du soleil en hiver…

Article publié le 01/03/2016

La déprime hivernale vous guette ? Envolez-vous avec la Loiretek pour un pays, le Brésil, où quelques habiles sorciers ont su donner des couleurs chatoyantes à la mélancolie et la tristesse. Ce petit miracle s’appelle la bossa-nova.

 

La naissance de la bossa-nova est indissociable du trio formé par le chanteur Joao Gilberto, le compositeur Antonio Carlos Jobim dit "Tom" et le poète Vinicius de Moraes, à l’origine de l’album Chega de saudade qui fonde le genre en 1958.

 

La référence absolue demeure cependant le disque Getz-Gilberto, fruit de la rencontre en 1964 du célèbre saxophoniste américain et du chanteur brésilien. L’album reprend quelques-uns des grands titres de la bossa, Desafinado, Corcovado et surtout A garota de Ipanema devenu The girl from Ipanema, énorme "hit" interprété par Astrud Gilberto qui inaugure une longue liste de reprises.

 

Un véritable engouement pour ce son exotique s'est emparé alors du jazz nord-américain, dont témoigne également la fusion entre rythmes brésiliens et orchestrations jazz opérée peu de temps auparavant par le producteur Quincy Jones avec son Big Band Bossa Nova.

 

La bossa-nova triomphe au moment où, au Brésil, les militaires prennent le pouvoir, condamnant les artistes au silence ou à l'exil. En 1974, Tom Jobim publie avec la chanteuse Elis Regina l'album Elis & Tom, ultime chef d'œuvre d'un genre passé de mode qui contient ce petit bijou qu'est Aguas de Março, adapté en français par Georges Moustaki.

 

(Les Eaux de Mars interprété par Stacey Kent)

 

Le genre connaît un renouveau dans les années 1990 et 2000 grâce à Vinicius Cantuaria et Bebel Gilberto tandis qu'en Occident des chanteuses telles que Stacey Kent et Lisa Ekdahl prêtent leur voix douces et fragiles à des hommages délicats, entre reprises et créations originales, renouvelant ainsi les noces du jazz le plus cool avec les mélodies brésiliennes.

 

Que isto é bossa-nova…

 

Née dans les quartiers chics du sud de Rio de Janeiro (Ipanema, Copacabana), la bossa-nova ou "nouvelle manière" désigne cette sorte de samba lente inventée par Joao Gilberto et Tom Jobim, dont les rythmes syncopés joués à la guitare ou au piano accompagnent le "canto falado", le chant parlé. Intimiste, la bossa se murmure en effet plus qu’elle ne se déclame, au service de textes empreints de poésie, de douceur et de "saudade", ce sentiment intraduisible, cette langueur qui dit le manque de l’autre ou du pays que l’on a perdu ou laissé derrière soi.

 

Visuel : Baie de Rio vue depuis le Corcovado, Mariordo – Wikimedia Commons, CC-BY-SA 3.0

Beau comme Bowie

Article publié le 10/02/2016

David Bowie est mort... Et le ciel s’est soudain obscurci sur Orléans ce lundi 11 janvier 2016 au moment où tombait la triste nouvelle. La Loiretek se devait de rendre hommage à l’une des grandes figures de l’histoire du rock.

 

Prémonitoire ? Au printemps 2015, la toute nouvelle Philharmonie de Paris accueillait une magnifique exposition itinérante dont le titre, "David Bowie is...", traduisait parfaitement le halo de mystère et d'ambiguïté entourant ce chanteur britannique qui n'a eu de cesse, tout au long de ses 50 ans de carrière, de changer d'identité.

 

Les années 70 sont sans doute les années les plus fastes de cet artiste original. Incarnation vivante d'un rock alors qualifié de "décadent", y introduisant une théâtralité qui comptait autant qu'une musique aux influences multiples (folk, rock, music-hall), David Bowie multiplie alors les tenues extravagantes, les maquillages outranciers. Ainsi, n'hésite-t-il pas à poser en robe et à afficher sa bisexualité (The man who sold the world, Hunky dory), se créant des alter ego au look androgyne, émanations de ses fantasmes (Ziggy Stardust).

 

Véritable caméléon, David Bowie va survivre à toutes les modes, inspirant les punks comme la cold wave (Heroes), épousant les excès des années 80 au cours desquelles il accède au statut de super-star avec ses tubes Let's dance et China girl qui signent le début d'un certain déclin artistique, avant un regain de créativité dans les années 90.

 

Son dernier album, Blackstar, paru le 8 janvier 2016, deux jours avant sa disparition, sera donc aussi son testament musical, renouant avec le goût de l'expérimentation qui caractérisait ses premiers albums (Space oddity, Station to station) et témoignant de la capacité demeurée intacte de l'artiste à se renouveler.

Vidéo clip du single Blackstar extrait du dernier album éponyme de David Bowie

Visuel : David Bowie en concert à Chicago, 2002 © Adam Bielawski – Wikimedia Commons, CC-BY-SA 3.0

Une souris verte…

Article publié le 14/01/2016

11 décembre 2015

 

Qui ne garde pas en mémoire, même inconsciemment, ces petites mélodies fraîches et poétiques que sont les comptines ? Si tel n’est pas le cas, révisez vos classiques en redécouvrant de manière parfois ludique et originale ce répertoire traditionnel.

 

Pour une première approche, l’interprétation claire, sobre et néanmoins d’une belle musicalité d’Hélène Bohy et Agnès Chaumié  (75 chansons, comptines et jeux de doigts), figures de proue de l’association Enfance et musique, s’est imposée comme une référence, tant pour les familles que pour les professionnels de la petite enfance.

 

D’autres versions plus décapantes méritent cependant l’attention. Découvrez ainsi la chanteuse Luce, lauréate de la Nouvelle Star 2010, dans une interprétation surprenante des comptines les plus traditionnelles. Les arrangements sur instruments miniatures et jouets-instruments contribuent au caractère drôle et impertinent de cet album réussi.

 

Toute aussi originale, la manière dont le pianiste Gilbert Sigrist et son trio jazz font swinguer quelques grands classiques. Saurez-vous reconnaître les comptines revisitées ?

 

La musique prenant parfois des formes inattendues, les mamies – ou les mamans ! – brodeuses pourront décliner au point de croix 26 comptines traditionnelles grâce au guide d’une spécialiste reconnue, Perrette Samouïloff.

 

Enfin, et parce que les comptines sont des vecteurs d’apprentissage et de découverte, en France comme ailleurs, les enfants pourront s’initier à l’Anglais avec Rémi Guichard ou suivre le conteur-voyageur Amadou Sanfo et ses musiciens burkinabés dans un voyage plein de chaleur et de rythme à travers des comptines traditionnelles d’Afrique qui sont autant d’hymnes à la tolérance, l’amitié et la famille.

 

Cékoi une comptine ?

Héritées d’une tradition orale populaire immémoriale, les comptines ou formulettes sont de courtes chansons enfantines par lesquelles les adultes transmettent aux enfants leurs savoirs, leurs mythes et leur sagesse. Elles sont souvent associées à des jeux (jeux de doigts, jeux de mots) qui créent un lien essentiel et jamais totalement perdu entre les générations.

 

Retrouvez quelques pans de ce patrimoine immense (plusieurs milliers de chansonnettes rien qu’en France !) à travers notre sélection Comptines, chansons et jolis mots.

 

Visuel : Pochette de l’album La fabrique à comptines de Luce © Eveil et découvertes

 

 

L’oud, instrument-roi de la musique arabe

Article publié le 11/12/2015

Mardi 10 novembre 2015

 

A l’heure où la musique moyen-orientale est menacée par le fanatisme religieux, la Loiretek vous propose de goûter aux délices de la musique classique arabe comme à ses étonnantes incursions dans l’univers des musiques actuelles à travers son instrument phare, l’oud.

 

Né il y a plus de 3000 ans dans la Babylone et l’Egypte antiques, l’oud est un instrument à cordes pincées dont la caisse en bois voutée, surmontée d’un manche court, n’est pas sans évoquer la poire. C’est au 9ème siècle que les luthiers arabes lui donnent sa forme actuelle. Se répandant dans l’ensemble du bassin méditerranéen pour atteindre l’Europe via Al-Andalus, "Al-oud" devient "laud" en Espagne, "outi" en Grêce, "liuto" en Italie et "luth" en France. Il servira également de modèle à la mandoline.

 

A la différence de la guitare, l’oud se joue sans accords, selon la tradition de la monodie (une seule note jouée à la fois) qui est une des bases de la musique arabe. Un mode mélodique qui n’exclut pas la complexité comme l’illustre le "maqâm", système d’organisation voisin du "râga" indien, sur lequel s’appuient les improvisations et compositions des musiciens pour traduire les sentiments et les émotions à différents moments de la journée.

 

Parmi les grands virtuoses de cet art, l’Irakien Munir Bashir (1930-1997) se signale particulièrement par une carrière de soliste faisant la part belle aux improvisations ("taqsîm") sur un instrument qu’il modernise par l’ajout d’une corde basse aux cinq double-cordes et à la corde grave traditionnelles. En 2004, Enrico Macias rendait hommage à son beau-père Cheikh Raymond, chanteur-oudiste juif de Constantine assassiné en 1961 et figure majeure de la tradition musicale arabo-andalouse.

 

Cette tradition est aujourd’hui défendue, dans sa version populaire, le "chaâbi", par la chanteuse Nassima. De leur côté, les trois frères Joubran, héritiers d’une famille de oudistes palestiniens, ont acquis une solide notoriété par leur maîtrise des maqâms traditionnels comme par leurs talents d’improvisateurs.

 

Un art de l’improvisation poussé jusqu’aux frontières du jazz par le Libanais Rabih Abou Khalil :

 

 

 

Dans son sillage, le Tunisien Dhafer Youssef contribue également à subvertir l’art traditionnel de l’oud en le mariant à la musique improvisée occidentale.

 

Le comble de l’audace est atteint par les oudistes Mehdi Haddab et Jean-Pierre Smadja qui en duo (DuOud) ou en solo (Smadj) flirtent sans complexe avec les samples de la musique électro.

 

Visuel : Oud syrien – Musée de la Musique, Paris © Céréales Killer – Wikimedia Commons, CC BY-SA 1.0

Les reprises de chansons : entre réinvention, opportunisme et hommage

Article publié le 10/11/2015

Lundi 12 octobre 2015

 

Agacé(e)s par les reprises qui semblent se multiplier depuis quelques années ? Réconciliez-vous avec un exercice qui ne date pas d’hier et qui nous rappelle que la musique est un art vivant, qu’un répertoire n’est pas figé dans une époque et peut se prêter à de multiples réinterprétations…

 

Consubstantielle à la musique classique, aux musiques traditionnelles reposant sur un patrimoine de mélodies et de textes dont l’origine se perd parfois dans la nuit des temps, l’art de la reprise l’est aussi au jazz qui inventa la notion de "standards".

 

Il accompagne également le développement du rock depuis ses origines. Les premiers albums des Beatles et des Stones faisaient ainsi une large place aux standards du rock’n’roll et du blues. Le terme "cover"* employé par les rockers anglo-saxons traduit sans doute mieux la part d’appropriation et de recréation d’une œuvre musicale, tel un palimpseste, de cet exercice de style, la "copie" pouvant parfois faire oublier l’original ! Qui sait que le tube Skinny love interprété par la jeune Anglaise Birdy fut en fait créé par le très confidentiel groupe de folk américain Bon Iver ?

En France, la reprise a mauvaise presse ! Le souvenir des adaptations très kitsch de tubes anglo-saxons par les Yéyés, la prolifération plus récente des compilations mercantiles (Génération Goldman, La bande à Renaud) et des albums de circonstances pour artistes en panne d’inspiration ont pu conforter ce sentiment.

 

Elle a cependant le mérite de transmettre aux jeunes générations la mémoire d’un patrimoine musical promis à l’oubli, à l’instar d’un Patrick Bruel revisitant la chanson des années 1930 (Entre-deux).

 

Il ne faut pas négliger non plus la part de sincérité de certains hommages, manières pour les chanteurs de payer leur dette aux aînés qui les ont inspirés. C’est ainsi que nombre d’artistes renouent avec la tradition consistant à servir les textes des grands paroliers : Daphné/Barbara, Benjamin Biolay/Trénet, les hommages collectifs à Boris Vian, Jacques Brel, Allain Leprest et autres. L’exercice peut parfois prendre la forme originale d’une comédie musicale (Le petit monde de Georges Brassens) ou viser un public très jeune (Boby Lapointe chanté par…).

 

Forgez-vous une opinion à l’écoute de notre sélection d’albums de reprises et découvrez la Génération Goldman – pardon, la Génération Enfoirés ! – notre panorama de la chanson française des années 1980-90.

 

* "To cover one’s track" qui signifie "dissimuler, brouiller les pistes"

 

Visuel : Pochette de la compilation Génération Goldman © Warner Music France

Oxmo Puccino, le "Black Brel"

Article publié le 12/10/2015

Vendredi 11 septembre

 

A des années-lumière du rap "bling-bling" ou "gangsta" qui inonde les robinets à clips et les radios FM formatées, découvrez un artiste discret qui, réussissant à concilier la modernité des musiques actuelles et la tradition française de la chanson à texte, se définit lui-même comme un "poétiseur".
 

Né au Mali en 1974, Abdoulaye Diarra a grandi dans une cité du 19ème arrondissement de Paris. Comme beaucoup d’enfants livrés à eux-mêmes, il a baigné dans un environnement de petite délinquance et de narcotrafics qui nourrira ses premiers textes. Sauvé par la musique, il intègre en 1997, sous le pseudonyme Oxmo Puccino, le collectif Time Bomb dont le flow* novateur bouscule alors le rap français. Il y collabore avec un certain Booba, "moitié" du groupe Lunatic et future star du gangsta-rap à la française. Difficile à croire quand on connaît la suite…

 

Si son premier album Opéra Puccino perpétue la tradition d’un certain rap, faite d’histoires de mauvais garçons et de guns, il se signale néanmoins par la qualité de son écriture, la richesse inhabituelle d’un vocabulaire mis au service de rimes complexes et de textes parfois très sensibles qui le font comparer à Jacques Brel ou Léo Ferré. L’absence de single accrocheur sur ce disque, comme sur le suivant, L’amour est mort, ne lui permet cependant pas de dépasser ce simple succès d’estime.

 

La reconnaissance du grand public arrive enfin avec ses 3ème et 4ème opus, Le cactus de Sibérie et L’arme de paix. Ce dernier lui vaut de recevoir une Victoire de la musique en 2010, au titre du "Meilleur album de musique urbaine". Un album porté notamment par le très beau titre 365 jours :

 

 

Entre-temps, Oxmo Puccino a fait une incursion dans le domaine du jazz en s’associant aux Jazzbastards pour un bel album-concept, Lipopette Bar, inspiré de la vie de la chanteuse Billie Holiday. Mariage réussi du hip-hop et du jazz qui parvient à séduire les plus rétifs au rap et qu’il renouvelle en 2014 en collaborant au projet Au pays d’Alice… du trompettiste Ibrahim Maalouf d’après le célèbre roman de Lewis Carroll.

 

Pour aller plus loin, à la découverte de la plus emblématique des musiques urbaines, la Médiathèque départementale du Loiret vous propose un bref panorama du rap en quelques albums majeurs.

 

* terme définissant la façon dont un MC (Master of Chant) pose les syllabes par rapport au rythme ; qualité d’élocution et de groove qui constitue un des fondements du rap.

 

Visuel : Oxmo Puccino - Facebook © Lydie Photographie – Sweet Moments

Notre cocktail lounge music

Article publié le 11/09/2015

Mardi 11 août 2015

 

Après vous être déhanché tout l'été sur Lean on de Major Lazer & Dj Snake, peut-être éprouvez-vous le besoin d'une pause fraîcheur? Bienvenue au MDL Lounge*! Allongez-vous confortablement, un mojito à portée de la main, fermez les yeux et laissez vous bercer par les mélodies de notre sélection chill-out et easy-listening...

 

Anglicisme désignant à l’origine un salon, et par extension les espaces "cosy" de bars d’hôtels, casinos et autres piano-bars, le terme "lounge" sert également à qualifier, dans les années 1950-60, la musique d’ambiance qui y est jouée ou diffusée.

 

Lounge music et easy-listening

La lounge music est un dérivé de l’easy-listening, étiquette un peu fourre-tout mais neutre qui recouvre alors des genres aussi divers que le smooth jazz ou la variété, et dont elle conserve le côté doux et sirupeux, en harmonie avec l’élégance un peu kitsch de l’époque. L’Américain Les Baxter et le Mexicain Juan Garcia Esquivel y introduisent cependant une touche d’exotisme à grand renfort de rythmes latino-américains (cha-cha-cha, mambo, bossa nova) et n’hésitent pas faire usage d’instruments nouveaux tels que le theremin pour recréer des ambiances tropicales et paradisiaques. La pop sophistiquée et légère de Burt Bacharach peut dans une certaine mesure être rattachée à ce courant musical.

 

Lounge music et chill-out

Le genre connaît un regain de popularité à la fin des années 1990 à la faveur du succès rencontré par les musiques électroniques dites "downtempo" c’est-à-dire n’excédant pas 90 bpm. Influencée par l’ambient music de Brian Eno comme par le nu-jazz ou le trip-hop, la lounge music est depuis lors fréquemment associée au courant "chill-out", terme musical issu de l’argot "chill" (reposant en anglais) qui englobe toutes ces musiques reposantes ou planantes mais qui désigne également un espace de détente pour clubbeurs épuisés.

 

C’est ainsi que l’Espagnol José Padilla, producteur de musique d’ambiance pour le Café del Mar à Ibiza, un des haut-lieux des fêtes électro, lance la mode des compilations chill-out/lounge mixées par des Dj au service de bars et hôtels branchés : Claude Challe, Dj Ravin.

 

Joignez-vous donc aux artistes attablés de notre sélection musicale et visuelle. Et pour vous, ce sera latin jazz ou électro relaxante ?

 

* Salon de la Médiathèque départementale du Loiret

 

(Visuel : Cocktail © CC0 Public Domain – Pixabay)

La surf music

Article publié le 11/08/2015

Vendredi 10 juillet

 

Alors que vous vous apprêtez peut-être à fuir le smog des centres-villes pour profiter de l’air marin, de l’eau et du sable fin, la Loiretek a concocté pour vous la bande originale de vos futurs exploits sur les vagues de vos "spots" préférés (Lacanau, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz – rayez les mentions inutiles), à travers une sélection d’albums dédiée à la surf music. Pour ce qui est du teint hâlé et des abdos musclés, désolé, la balle est en revanche dans votre camp…

 

Si le surf puise ses origines dans l’archipel des îles Hawaii, la musique qui lui est associée dans l’esprit de ses adeptes, est apparue en Californie à l’aube des années 1960. Dérivé du rhythm’n’blues et du rock’n’roll, le surf rock est alors une musique pour faire danser les teenagers américains. Elle est essentiellement instrumentale et caractérisée par une énergie, une vélocité rendue possible par les nouvelles guitares et basses électriques.

 

Ses pionniers ont pour noms The Ventures, The Surfaris et surtout Dick Dale qui, à la tête des Del-Tones, pose les bases de la guitare surf avec la "réverb’" qui va bien. En 1961, le tube "Let’s go trippin’" marque le début d’un véritable phénomène de mode.

 

Mais ce sont les Beach Boys qui vont populariser le genre avec leurs chansons et leurs mélodies entraînantes. A grand renfort de tubes tels que "Surfin’ USA", "California girls", "I get around", ils donnent naissance au mythe californien et à son imagerie faite de plages immenses, de palmiers, de surfeurs et… de filles !

 

La surf music ne résiste cependant pas à la vague de la "british invasion" (Beatles, Rolling Stones) qui déferle en 1964. Seuls les Beach Boys parviennent à surnager au prix d’un virage stylistique plus en accord avec les goûts du moment (pop-rock, psychédélisme).

 

Le renouveau

En 1994, avec son film Pulp fiction, Quentin Tarantino tire de l’oubli le single "Misirlou" de Dick Dale. C’est le début d’un retour en grâce pour une musique qui intègre désormais les influences les plus variées : blues, folk, reggae et même hip-hop !

 

D’authentiques surfeurs se piquent de gratter de la guitare et du ukulélé à l’instar du Hawaiien Jack Johnson ou du Guadeloupéen Tom Frager. Car la France n’échappe pas au phénomène comme le prouve la pop sous influence californienne des Da Brasilians et le single "Sur la planche" (voir le clip ci-dessous) du groupe de Biarritz La Femme.

 

 

En guise de clin d’œil, la Médiathèque départementale vous propose d’admirer sa collection de planches 1961-2001.

 

Visuel : Pochette de l’album Their very best of © The Ventures – Believe

 

Fête de la Musique 2015

Article publié le 10/07/2015

Vendredi 12 juin

 

Vivre ensemble la musique ! Tel est le thème retenu pour la 34ème édition de la Fête de la Musique qui se tiendra le 21 juin. A l’heure où tout un chacun est invité à communier dans la célébration du pouvoir fédérateur de la musique, la Loiretek repousse les limites de l’insolence par cette simple question : la musique adoucit-elle vraiment les mœurs ?

 

Le partage, la communion… Autant de valeurs fondatrices de la manifestation instituée par Jack Lang en 1981. Autant de vertus prêtées généralement à la musique, et que résume la maxime fameuse d’Aristote : "la musique adoucit les mœurs" (Politique, Livre VIII). A voir ! L’histoire de la musique fourmille en effet d’exemples qui tendent à invalider cette thèse et démontrer que celle-ci n’est pas toujours synonyme de paix et d’amour entre les êtres.

 

C’est ainsi que l’innovation en musique ne va jamais sans susciter de vives résistances et donner lieu à polémiques. La création en 1830 de la Symphonie fantastique, ego-trip d’Hector Berlioz et véritable manifeste du romantisme musical, provoque un énorme scandale. Chahut épouvantable également en 1913 pour la première du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky rebaptisé "le massacre du printemps" par ses détracteurs. "Au fou ! Au fou !", hurle 15 ans plus tard une dame indignée devant le Boléro de Maurice Ravel.

 

Ces querelles esthétiques embrassent parfois les conflits entre nations comme en témoigne l’aversion de Claude Debussy pour Wagner et la musique allemande en général. Il est vrai que le compositeur de la Chevauchée des Walkyries ne traîne pas une image des plus pacifiques : "Quand j’écoute trop Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne" (Woody Allen, Meurtre mystérieux à Manhattan, 1993).

 

Et que dire des scènes d’hystérie, avec affrontements de la police à la clé, provoquées dans les années 1960 par les yéyés, les rockers et leur "musique du diable" ? Une tradition de  débordements prolongée ensuite par le rock vindicatif et anarchiste des punks (Sex Pistols, The Clash) et les fameux pogos, sortes de danses-bousculades animant nombre de leurs concerts. Comment ne pas évoquer enfin l’imagerie "gore" véhiculée par les groupes de heavy, death, trash metal à l’instar du plus célèbre d’entre eux, Iron Maiden et sa "sympathique" mascotte Eddie ornant ses pochettes d’albums ?

 

Rassurez-vous cependant, la sociologie a depuis longtemps démontré la valeur cathartique de ces formes d’expression musicales. Les oreilles sensibles, grandes ou petites, pourront se remettre de leurs émotions en goûtant aux plus beaux adagios ou aux plus belles berceuses.

(Visuel : Pochette de l’album London calling © The Clash – Columbia ; Sony Music)

 

 

Festival de Sully et du Loiret 2015

Article publié le 11/06/2015

Lundi 4 mai

 

Pour sa 42ème édition, le Festival de musique de Sully et du Loiret propose aux mélomanes comme aux amateurs une programmation aussi riche que variée où les grands noms côtoient les nouveaux talents, où le répertoire le plus classique cohabite avec des œuvres contemporaines audacieuses. Retrouvez dans la Loiretek quelques-uns des artistes invités.
 

C’est en 1973, dans le cadre du château de Sully-sur-Loire alors en cours de restauration, que naît le Festival international de musique de Sully-sur-Loire. Celui-ci devient le Festival de Sully et du Loiret quand le Conseil Général en reprend la gestion en 2007. Au fil des ans, cette manifestation s’est imposée comme l’un des rendez-vous musicaux incontournables de la région, déployant une quinzaine de concerts, à Sully bien sûr mais aussi en d’autres lieux remarquables du département tels que Beaugency, Yèvre-le-Châtel, Ferrières-en-Gâtinais.

 

Accordez-vous !

Tout en restant fidèle à une tradition d’ouverture et de diversité, la programmation 2015 fait la part belle aux cordes.

  • Cordes frottées tout d’abord avec ces valeurs sûres que sont les violoncellistes Henri Demarquette et Ophélie Gaillard ainsi qu’un invité de prestige en la personne du violoniste Patrice Fontanarosa tandis que la jeune garde des ensembles à cordes sera représentée par le Quatuor Alfama et le TrioFenix.
  • Cordes vocales également avec le chœur Sequenza 9.3 accompagnant Henri Demarquette dans un audacieux récital Vocello mariant polyphonies anciennes et œuvres très contemporaines en un dialogue rare entre le violoncelle et un ensemble vocal. La chanteuse américaine Barbara Hendricks remontera de son côté aux sources du jazz avec son Blues Band.
  • Cordes frappées enfin avec le pianiste de jazz Paul Lay, lauréat du Concours de Jazz de La Défense 2008, Kotaro Fukuma, Prix Chopin 2013 au Japon, et Aline Piboule, lauréate du 11ème Concours international de Piano d’Orléans, que vous pouvez découvrir interprétant Debussy.

 

 

La Médiathèque départementale du Loiret vous invite à écouter une sélection d’albums de quelques-uns de ces artistes invités ainsi qu’à redécouvrir la tradition d’excellence de l’école française de violoncelle.

 

Photo : Affiche du Festival de musique de Sully et du Loiret 2015  ©  Département du Loiret

 

Printemps de Bourges Edition 2015 !

Article publié le 04/05/2015

Lundi 13 avril

 

Les beaux jours arrivent ! Et avec eux, démarre la saison des festivals de musique. A tout seigneur tout honneur, il revient au plus célèbre festival de notre région d’ouvrir le bal. Parmi la foultitude d’artistes invités au Printemps de Bourges du 24 au 29 avril 2015, la Médiathèque départementale du Loiret vous propose ses coups de cœur.

 

Fidèle aux valeurs qui ont présidé à sa création en 1977, le Printemps de Bourges demeure l’un des principaux festivals dédiés à la chanson francophone, mais une chanson de qualité, "alternative" à la variété paillettes qui truste, aujourd’hui comme hier, les médias de masse. Il se veut aussi un lieu de découvertes, un tremplin pour les nouveaux talents. Sa programmation s’est par ailleurs largement ouverte aux musiques nouvelles dites "urbaines" telles que le reggae, le rap et l’électro.

 

Une affiche alléchante

La 39ème édition ne déroge pas à cette philosophie, avec un programme aussi riche qu’éclectique. Les amateurs de chanson française pourront y entendre quelques grands noms, tels que Madame Juliette Gréco dans son dernier tour de chant, Hubert-Félix Thiéfaine, Arthur H, ou y découvrir les talentueux Ben Mazué et Pierre Lapointe.

 

La scène pop indépendante sera représentée par la jeune Christine and the Queens toute auréolée de sa Victoire de la Musique, par les parisiens d’Isaac Delusion et leurs mélodies oniriques, l’Israélien Asaf Avidan et sa voix atypique. Les fans de reggae pourront goûter à la sophistication de Groundation ou au classicisme de Clinton Fearon.

 

Enfin, et parce qu’il y en aura pour tous les goûts, les "djeun’s" pourront se gaver de beats et de scratches à l’écoute d’Erwan Castex aka Rone, une des figures montantes de la scène électro française, de l’Anglais James Greenwood aka Ghost Culture, lointain héritier du Depeche Mode des 80’s, et du collectif hip-hop Chinese Man.

 

Que diriez-vous d’une petite mise en condition avant votre week-end dans le Cher – à moins qu’il ne s’agisse d’une séance de rattrapage… - en écoutant la sélection de la Loiretek ?

 

Et pour vous faire partager notre admiration pour Juliette Gréco, voici un hommage discographique à cette icône de la chanson Rive Gauche.

 

Photo : Affiche de l’édition 2015 du Printemps de Bourges, © Printemps de Bourges

ECM ou le plus beau son après le silence

Article publié le 13/04/2015

Mercredi 11 mars

 

Plus qu’un slogan publicitaire, une profession de foi pour ce label allemand de jazz et de musique contemporaine. Quel défi cependant que de valoriser des albums à la pochette aussi austère ! La Médiathèque départementale du Loiret le relève en vous proposant de savourer le calme, la sérénité et l’élégance de ce jazz nordique.

 

C’est en 1969 que Manfred Eicher, ancien contrebassiste de l’Orchestre Philharmonique de Berlin et assistant de production chez Deutsche Grammophon, fonde à Munich le label "Edition of Contemporary Music" plus connu sous l’acronyme ECM. La jeune maison de disques s’impose rapidement comme une référence majeure du jazz moderne, presque aussi importante que Blue Note ou Verve. Elle innove par l’originalité de ses pochettes d’albums au graphisme minimaliste, impressionniste, frôlant l’épure, avec une prédilection pour les couleurs froides et monochromes. L’identité et le succès du label tient aussi et surtout au soin maniaque, quasi obsessionnel apporté à la qualité des enregistrements produits. Ce fameux "son ECM" qui lui vaut nombre d’admirateurs et quelques détracteurs lui reprochant un côté aseptisé et dépourvu de swing.

 

Un catalogue éclectique

Si ECM affectionne en effet les tempos lents, les climats intimistes et mélancoliques du jazz scandinave dont il est l’un des principaux ambassadeurs, il ne saurait être réduit à cela. Son catalogue s’avère éclectique, allant du jazz très européen du guitariste Terje Rypdal ou du contrebassiste Arild Andersen à un certain classicisme américain, incarné par le pianiste Keith Jarrett, une des figures de proue du label dont il a contribué à assurer la pérennité économique, ou le guitariste John Abercrombie. Le bandonéoniste argentin Dino Saluzzi illustre de son côté une grande ouverture aux musiques du monde.

 

La Médiathèque départementale du Loiret vous propose d’écouter ces artistes dans sa sélection d’albums et de goûter enfin au charme évanescent du jazz nordique.

 

Photo : Keith Jarrett en concert, Jazz à Juan 2003 © CC-BY-SA 2.0 Wikimedia Commons

La french touch à la conquête du monde

Article publié le 11/03/2015

Mercredi 11 février

 

Le triomphe du groupe Daft Punk, couronné de 5 Grammy Awards en janvier 2014, a révélé au grand public français le succès de ses artistes de musique électronique sur la scène internationale.  La Médiathèque départementale du Loiret vous propose son coup de projecteur sur un phénomène qui a démarré dans les années 1990…

 

Grande-Bretagne, fin des années 1980. Une frénésie de danse et de fêtes s’empare d’Albion. Nées aux Etats-Unis, à Detroit et Chicago, la techno et la house music ont trouvé en Grande-Bretagne une formidable terre d’élection et un tramplin pour conquérir l’Europe. Vétéran des soirées de l’Haçienda, club mythique de Manchester, sous le pseudonyme de Dj Pablo, le Français Laurent Garnier se fait ainsi le promoteur infatigable de la « house culture » dans l’Hexagone, au début des années 1990. Sur ses traces, toute une scène de Dj’s émerge et acclimate les sonorités nouvelles en y mêlant les influences disco-funk des années 1970 dans un mélange de sophistication et de kitsch assumé. Séduite par cette déclinaison française de la house music qui essaime outre-Manche, la presse britannique popularise l’expression « French touch », une étiquette qui recouvre bientôt des styles très différents.

 

Du mépris à la reconnaissance

Longtemps méprisée par la critique, diabolisée et réprimée par les autorités, au nom de l’équation « techno = drogue », la scène techno française accède à la reconnaissance dans la seconde moitié des années 1990. L’année 1998 marque l’apogée de cet âge d’or avec la première Techno Parade organisée à Paris, et la parution des premiers albums du groupe versaillais Air et d’un autre duo appelé à devenir le groupe français le plus connu au monde, Daft Punk.

 

La scène électro française connaît un passage à vide dans les années 2000, malgré quelques pépites comme Tékël du groupe du même nom et The waiting room de la Djette Chloé, contrastant avec des figures plus commerciales, telles que David Guetta. Un renouveau se fait jour à la fin de la décennie avec des Dj’s aussi talentueux que Justice, Joakim, Agoria, Kavinsky ou Gesaffelstein.

 

La Médiathèque départementale du Loiret vous propose de retrouver quelques-unes des figures majeures de ce courant musical à travers sa sélection d’albums et de vous plonger dans un demi-siècle de musiques électroniques tout en écoutant sa web-radio Panorama électro.

 

Légende photo : Daft Punk en concert 2007, Wikimedia Commons

Paris, on t’aime…

Article publié le 11/02/2015

Jeudi 22 janvier

 

A l’occasion de la sortie du dernier album de Zaz sur Paris, la Médiathèque départementale du Loiret vous propose sa sélection des plus belles chansons dédiées à la ville-lumière.

 

Depuis Clément Janequin (Les cris de Paris, début du 16ème siècle), la capitale n’a cessé d’inspirer compositeurs et paroliers. Une exposition organisée en 2012 par la Médiathèque musicale de Paris recensait ainsi 2750 chansons ayant Paris pour thème. Un succès qui ne se dément pas depuis le 19ème siècle.

 

Qu’elle soit romantique ou engagée, poétique ou réaliste, voire simplement humoristique, la chanson dit l’attachement de ses interprètes à la cité qui les a vus naître ou les a accueillis :

- J’ai deux amours de Joséphine Baker,

- Revoir Paris de Charles Trenet.

 

Elle célèbre la ville des amours naissants ou défunts :

- Sous le ciel de Paris, A Paris, La romance de Paris.

 

Elle salue les beautés du fleuve qui la traverse et ses monuments :

- La Seine, Paris sur Seine, Les quais de la Seine,

- Sous les ponts de Paris, Paris Tour Eiffel.

 

C’est toute une géographie de la capitale qui se fait jour,

de ses quartiers :

- A la Bastille,

- La complainte de la butte,

- A Saint-Germain-des-Prés,

de ses rues :

- Les grands boulevards,

- La rue des Blancs-Manteaux,

- Les Champs-Elysées

de ses habitants :

- Un gamin de Paris,

- Mademoiselle de Paris.

 

Il ressort parfois de ce tableau un Paris de carte postale et de dépliant touristique qui n’existe plus, laissant bien des regrets :

- J’aime plus Paris, de Thomas Dutronc,

mais qui peut encore séduire le jeune public :

- Un monstre à Paris.

 

La Médiathèque départementale du Loiret vous invite à réécouter quelques-unes de ces chansons dans la sélection d’albums ci-dessous et à retrouver le monument emblématique de la capitale dans une sélection musicale et visuelle en forme de clin d’œil.

 

Photo : C.C.O Public Domain, Pixabay.

La kora, instrument céleste

Article publié le 22/01/2015

Lundi 5 janvier

 

Connaissez-vous le son délicieusement cristallin de la kora ? Si tel n’est pas le cas, la Médiathèque départementale du Loiret vous propose une sélection d’albums témoignant de l’étonnante popularité dont jouit désormais cet instrument africain.

 

La kora est un instrument à cordes pincées, sorte de harpe-luth constituée d’une demi-calebasse pour caisse de résonance recouverte d’une peau d’animal parcheminée et tendue. Celle-ci est traversée par un long manche en bois d’où rayonnent 21 cordes traditionnellement fabriquées à partir de boyaux que le korafola (joueur de kora) pince avec le pouce et l’index de chaque main. Cette apparente rusticité dissimule cependant une grande délicatesse des accords ainsi qu’une richesse mélodique remarquable.

 

L’instrument-roi des griots

La kora est indissociable de la figure du griot ou djéli, ce ménestrel gardien de la mémoire de l’Empire mandingue qui s’étendait du Mali au Sénégal entre le 13ème et le 16ème siècle. A la fois poètes, musiciens, généalogistes et historiens, les djéli chantent, de génération en génération, les hauts faits des figures légendaires de l’empire disparu et des ancêtres des familles nobles auxquels ils sont attachés. Il existe de grandes lignées de griots telles que les Kouyaté et les Diabaté.

 

La musique associée à leur chant déclamatoire s’est enrichie et sophistiquée au fil des siècles. Elle a été popularisée dans les années 1990 par quelques stars de la World music telles que Mory Kanté ou Salif Keïta. Dans leur sillage, une nouvelle génération de koristes a contribué à moderniser l’instrument, substituant le nylon aux boyaux, l’électrifiant même parfois, à l’instar du guinéen Ba Cissoko, pour l’emmener vers de nouveaux horizons musicaux.

 

Le malien Toumani Diabaté a été l’un des premiers à jouer avec des artistes issus d’autres traditions musicales : blues mandingue d’Ali Farka Touré ; flamenco du groupe Ketama. Son compatriote Ballaké Cissoko et le sénégalais Ablaye Cissoko se sont également fait une spécialité de ces noces improbables avec des instruments d’autres continents tels que le violoncelle de Vincent Segal ou la trompette de Volker Goetze.

 

Goûtez à un moment de pure détente à l’écoute de la sélection d’albums proposée par la Médiathèque départementale du Loiret et partez à la découverte d’un continent musical : les musiques d’Afrique de l’ouest, les musiques traditionnelles d’Afrique noire et les musiques populaires d’Afrique noire.

Légende photo : Ballaké Sissoko en concert, Wikimedia Commons

Jean-Philippe Rameau, génie oublié du baroque français

Article publié le 05/01/2015

Lundi 22 décembre

 
La Médiathèque départementale du Loiret ne pouvait laisser 2014 se clore sans saluer la mémoire de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), figure marquante de la musique baroque française, à travers une sélection de ses œuvres majeures.
 

Les débuts du plus grand compositeur français du 18ème siècle sont aussi obscurs que ternes. Né à Dijon, formé très tôt à la musique par un père organiste, il mène pendant vingt ans une carrière de violoniste et d’organiste itinérant au sein de diverses institutions religieuses. Quand il se fixe enfin à Paris, en 1723, sa réputation tient plus à ses ouvrages théoriques (Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels) qu’à ses compositions peu nombreuses : quelques motets et cantates, un livre de pièces de clavecin.

 

Un maître de l’opéra français

 

C’est à l’âge avancé de 50 ans qu’il compose son premier opéra, genre musical dans lequel il va exceller. Hippolyte et Aricie, créé en 1733, renouvelle la forme de la tragédie-lyrique inventée par Lully au siècle précédent. Si elles suscitent l’ire des tenants de la tradition lulliste, la richesse harmonique et les audaces rythmiques de l’œuvre enthousiasment le plus grand nombre. "Il y a dans cet opéra assez de musique pour en faire dix", déclare, admiratif, l’autre grand compositeur de l’époque, André Campra.

 

Rameau s’illustre également dans le genre plus léger de l’opéra-ballet avec son chef-d’œuvre Les Indes galantes, pièce de pur divertissement qui fait la part belle à la danse au détriment de l’action chantée et qui exprime toute l’insouciance, le raffinement et la galanterie du siècle des Lumières.

 

Le style classique dont il est le dernier héraut ne survit pas à la « Querelle des Bouffons » qui l’oppose notamment à Rousseau. Oubliés pendant près d’un siècle et demi, l’homme et son œuvre valent pourtant beaucoup mieux que le portrait sévère qu’en ont fait les Encyclopédistes, ainsi que la Médiathèque départementale du Loiret vous invite à le découvrir à travers sa sélection.

 

L’année Rameau s’achève. Déjà se profile une année Louis XIV. Replongez-vous donc dans l’âge d’or de la Musique baroque en France, testez vos connaissances avec notre quiz et écoutez ci-dessous notre web radio Musique du Grand Siècle.

Portrait de Jean-Philippe Rameau attribué à Joseph Aved – Musée des Beaux Arts de Dijon © Wikimedia Commons

 

Pierre et le loup ou comment éveiller les petits à la musique

Article publié le 05/01/2015

Lundi 8 décembre

 
Quel enfant n’a pas tremblé aux premières notes des cors symbolisant le loup sortant de la forêt dans le célèbre conte de Prokofiev ? À l’approche de Noël, la Médiathèque départementale du Loiret vous propose de retrouver les émotions suscitées par ce grand classique du conte musical pour la jeunesse.

 

C’est en 1936 que le compositeur Sergueï Prokofiev (1891-1953) écrit et compose cette œuvre. Il répond alors à une commande de Natalia Saz, directrice artistique du Théâtre central pour enfants de Moscou, qui souhaitait éveiller les petits Russes à la musique classique et leur faire découvrir les instruments de l’orchestre. Naïve et non dénuée d’humour, l’histoire conte les aventures du jeune Pierre qui, désobéissant à son grand-père, est sorti du jardin avec ses amis, le canard, le chat et l’oiseau. Quand surgit… le loup !!!

 

Tout le génie de l’œuvre réside dans les intermèdes et thèmes musicaux au cours desquels les instruments personnifient les différents protagonistes de l’histoire :

 

  • La flûte dont le son cristallin incarne la légèreté et l’agilité de l’oiseau.
  • Le hautbois qui prête son timbre nasillard au canard.
  • La clarinette dont la douceur et l’élégance reflètent la grâce féline du chat.
  • Le basson qui restitue la grosse voix du grand-père.
  • Les cordes pour traduire toute l’insouciance du petit Pierre.
  • Et enfin les cors, lugubres et effrayants, pour un loup que l’on imagine terrifiant.

 

Simple et pédagogique, ce conte musical a connu d’emblée un succès qui ne s’est jamais démenti depuis lors. Nombreux sont les comédiens qui ont tenu le rôle du récitant. La Médiathèque départementale du Loiret vous invite à écouter quelques enregistrements parmi les plus célèbres ou les plus inattendus de Pierre et le loup, de l’interprétation mythique de Gérard Philipe à un Peter & Lupus très jazzy.

 

D’autres grands compositeurs se sont essayés à l’exercice du conte dédié à l’éveil musical pour la jeunesse : découvrez-les à travers notre sélection et notre quiz "Conte-moi la musique classique".

Couverture du livre-cd Pierre et le loup © Le Chant du Monde / Harmonia Mundi France

Adolphe Sax, inventeur de génie

Article publié le 02/12/2014

Lundi 24 novembre

 

De Sting (Englishman in New York) à Dire Straits (Your latest trick), nombreuses sont les incursions du saxophone dans la pop music attestant de la popularité de l’instrument créé par Antoine-Joseph Sax. À l’occasion du bicentenaire de la naissance de ce génial inventeur, le 6 novembre 1814, la Médiathèque départementale du Loiret vous propose une sélection d’enregistrements dédiés à cet instrument de musique.

 

 

Fils d’un facteur d’instruments, Adolphe Sax débute sa carrière en travaillant au perfectionnement de la clarinette et invente le saxhorn, un dérivé du tuba, bien connu des fanfares et harmonies municipales. En 1846, il dépose le brevet pour « un instrument qui, par le caractère de la voix, pût se rapprocher des instruments à cordes, mais qui possédât plus de force et d’intensité que ces derniers » pour jouer en plein air, le saxophone. Abusivement rattaché par les uns à la famille des bois, au prétexte que son bec et son anche ont été empruntés à la clarinette basse, aux cuivres par les autres à cause de son corps métallique en laiton, le saxophone forme en réalité une nouvelle famille d’instruments dont la tessiture s’étend du plus grave au plus aigu. Des 14 "membres" initiaux de la famille, 4 demeurent aujourd’hui fréquemment utilisés : les saxophones baryton, ténor, alto et soprano.

 

L’instrument emblématique du jazz

 

Malgré les jugements positifs de certains compositeurs romantiques comme Hector Berlioz, le saxophone est à ses débuts globalement méprisé par les compositeurs et les orchestres symphoniques et relégué aux fanfares militaires. C’est le jazz, musique afro-américaine née au début du 20ème siècle, qui va lui donner ses lettres de noblesse. Dans les années 1920-1930, les capacités de vocalisation et d’expressivité du saxophone sont mises en valeur par de brillants improvisateurs tels que Coleman Hawkins, Johnny Hodges, Benny Carter, Lester Young, au point de supplanter bientôt la trompette jusqu’alors l’instrument roi de cette musique populaire. Après guerre, il est le vecteur principal du jazz moderne, se prêtant admirablement à la virtuosité et à l’énergie de la révolution be-bop conduite par Charlie Parker et John Coltrane. Il se révèle aussi sophistiqué dans les mains de Stan Getz et Lee Konitz, hérauts du jazz cool, ou expérimental et métissé dans les fusions de styles du jazz contemporain chers à Steve Coleman, Michel Portal, ou Jacques Schwarz-Bart.

 

La Médiathèque départementale du Loiret vous invite à découvrir sa sélection thématique autour de ces grands saxophonistes de jazz et à écouter leurs enregistrements sur Loiretek.

 

 

Couverture du livre-cd A tribute to Sax
© Ricercar / Outhere

Jeanne Cherhal, l'amoureuse

Article publié le 02/12/2014

Lundi 3 novembre

C’est sur scène que cette Nantaise, musicienne autodidacte, nourrie d’influences aussi diverses que Jacques Higelin, Alain Souchon ou Brigitte Fontaine, débute sa carrière. Dans une formule piano-voix intimiste, elle séduit la critique et le public par son énergie et ses chansons croquant des morceaux de vie tantôt drôles, tantôt graves. Son premier album éponyme, paru en 2002, est un « live », conclusion d’une année de tournée qui l’a vue se produire sur les petites comme les grandes scènes. Le deuxième disque, Douze fois par an, la révèle au grand public. Un album primé par l’Académie Charles Cros et les Victoires de la Musique (Artiste révélation du public). Plus conceptuel, son troisième opus, L’eau, témoigne d’une grande finesse d’écriture.

 

Le tournant pop

 

En 2010, Charade marque une évolution majeure dans ses choix artistiques. Abandonnant le label de ses débuts, Tôt ou Tard, pour Barclay/Universal, Jeanne Cherhal compose un album résolument pop, troquant son piano pour un synthétiseur, tandis que ses textes se font de plus en plus féministes. Elle se produit la même année au Printemps de Bourges au sein des Françoises, groupe éphémère formé avec ses copines Olivia Ruiz, Camille, Emily Loizeau, La Grande Sophie et Rosemary Standley.

 

En 2012, elle donne deux concerts-hommage, interprétant en intégralité l’album Amoureuse de Véronique Sanson pour les 40 ans de sa sortie. Une influence majeure qui transparait dans Histoire de J, paru en 2014. Plus qu’un simple exercice de style seventies, elle livre là un disque aussi intime qu’élégant, débordant de vie et d’amour, où la mélancolie (Petite fleur) côtoie l’audace (Cheval de feu) et l’engagement (Quand c’est non, c’est non).

 

Ecoutez sur la Loiretek les deux derniers albums de Jeanne Cherhal ainsi que la magnifique Brandt rhapsodie, interprétée en duo avec Benjamin Biolay. Visionnez également le clip vidéo de Cinq ou six années.

 

 

Jeanne Cherhal fait partie de ces « nouveaux talents » qui ont contribué à renouveler profondément le paysage de la chanson française. Découvrez notre panorama, notre quiz et notre webradio sur « La nouvelle scène française ».

Jeanne Cherhal en concert, 2010 (Photo Wikimedia Commons)

 

 

 

Attention aux pierres qui roulent !

Article publié le 02/12/2014

Jeudi 16 octobre 2014

 
La Médiathèque départementale du Loiret rend hommage au "plus grand groupe de rock and roll du monde", The Rolling Stones, figure de proue avec les Beatles de la "British invasion" qui déferle au milieu des années 1960.

 

À la suite des Beatles et de leur tournée triomphale aux Etats-Unis au début de 1964, émerge toute une série de groupes britanniques (Who, Kinks, Animals) dont le plus emblématique demeure les Rolling Stones, formé en 1962, par les guitaristes Brian Jones et Keith Richards, le chanteur Mick Jagger, le bassiste Bill Wyman et le batteur Charlie Watts. Ces fils de bonnes familles de la classe moyenne et de la bourgeoisie britannique, nourris de blues et de rhythm’n’blues publient 2 albums à 6 mois d’intervalle, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Ils dynamisent cette musique noire américaine qu’ils adorent par un son plus dur, plus "sale" et un tempo plus rapide. Des cheveux longs et mal coiffés, une attitude insolente, des mines renfrognées leur valent très vite une réputation de mauvais garçons et de voyous. Chacune de leurs prestations en public vire à l’émeute et ils ne tardent pas être aussi connus et populaires que les Beatles.

 

Ze rock band !

 

Par la suite, le tandem Jagger-Richards prend l’ascendant et écrit pour le groupe des compositions originales telles que (I can’t get no) satisfaction, Paint it, black, Jumpin’Jack Flash ou Sympathy for the devil, etc. Des tubes planétaires que vous retrouverez dans la playlist que la Médiathèque départementale du Loiret vous propose avec jubilation. Après plus de 50 ans de carrière et presque autant d’albums, le groupe est toujours là malgré les baisses d’inspiration et les crises l’ayant affecté, telles que le départ et la mort de Brian Jones en 1969. S’il est parfois de bon ton de moquer les "papys du rock" et leur sens affuté des affaires, leur longévité sans égale et leur présence scénique forcent le respect et demeurent une source d’inspiration majeure pour les jeunes rockeurs.

 

L’opposition entre les « méchants » Stones et les « gentils » Beatles était parfaitement artificielle, les deux groupes n’hésitant pas à collaborer et à faire la fête ensemble. La Médiathèque départementale du Loiret vous propose donc de vous remémorer le jour où l’autre « meilleur groupe de l’histoire du rock » est arrivé aux Etats-Unis : La Beatlemania débarque aux Etats-Unis.

 

La Playlist (Merci de vous connecter en amont sur Musicme)

 

It’s all over now/The Rolling Stones (12 x 5)

(I can’t get no) Satisfaction/The Rolling Stones (Out of our heads)

Paint it black/The Rolling Stones (Aftermath)

Lady Jane/The Rolling Stones (Aftermath)

Jumpin’Jack Flash/The Rolling Stones (Flashpoint)

Sympathy for the devil/The Rolling Stones (Beggars banquet)

Street fighting man/The Rolling Stones (Beggars banquet)

Midnight rambler/The Rolling Stones (Let it bleed)

Brown sugar/The Rolling Stones (Sticky fingers)

Hot stuff/The Rolling Stones (Black and Blue)

Miss you/The Rolling Stones (Some girls)

Start me up/The Rolling Stones (Tattoo you)

Sad sad sad/The Rolling Stones (Steel wheels)

Anybody seen my baby ?/The Rolling Stones (Bridges to Babylon)

 

Pochette de disque ABCKO Music

Chantons sous la pluie

Article publié le 02/12/2014

Mercredi 8 octobre

 

L’automne est déjà là. Faites fi de la grisaille ! La Médiathèque départementale du Loiret vous propose de sourire aux nuages et de faire chanter la pluie à travers sa playlist spécial « Que d’eau ! Que d’eau ! ».


D’Il pleut, il pleut, bergère de Fabre d’Eglantine à Umbrella de Rihanna, la pluie est une source d’inspiration intarissable pour les artistes. Qu’il est doux en effet d’entendre l’eau tomber… quand on est bien à l’abri ! Une musicalité chantée autrefois par Charles Trenet avec Il pleut dans ma chambre comme par Luis Mariano dans Musique de la pluie :


J’aime le chant de la pluie
Dans le vent qui gémit
Car la colère du ciel
N’est jamais éternelle
Et l’orage qui fait rage
Nous annonce l’arc-en-ciel.


Jacques Hélian donne en 1941 un sens très « politique » à un élan d’optimisme assez similaire :


Pourquoi douter vraiment
Puisque depuis longtemps
Après la pluie vient le beau temps.


La pluie inspire également les amoureux et les rend lyriques :

  • dans les moments hauts : Le parapluie de Georges Brassens ; Il peut pleuvoir de Jacques Brel ; La pluie de Polo.
  • comme dans les moments bas : La saison des pluies de Serge Gainsbourg ; La chanson de la pluie de Maurane ; Comme la pluie d’Alex Beaupain.

Un mariage paradoxal de l’eau et des sentiments qui est sublimé par Gene Kelly avec l’incontournable Singin’in the rain (ou Chantons sous la pluie, chanson extraite du film musical éponyme).

Il y a enfin les habitués qui trouvent bien du charme à la pluie et les philosophes qui savent qu’il est vain de la maudire : Ma Bretagne quand elle pleut de Jean-Michel Caradec ; Raindrops keep falling on my head de Burt Bacharach (extraite du film Butch Cassidy et le Kid, adaptée par Sacha Distel sous le titre Toute la pluie tombe sur moi).

Petit clin d’œil : la Médiathèque départementale du Loiret vous propose de remonter à la source de toute cette eau avec une sélection visuelle et musicale prouvant que le ciel inspire aussi les illustrateurs de pochettes d’albums.

Averse/Divers (La vie d’une goutte d’eau : compilation, janvier 2010)
Il pleut, il pleut bergère/Jacky Galou (Chansons de France, mai 2011)
Il pleut dans ma chambre/Charles Trenet (100 chansons, novembre 2007)
Après la pluie, le beau temps/Jacques Hélian (Best of Jacques Hélian, avril 2011)
La musique de la pluie/Luis Mariano (Album Harcourt, octobre 2006)
Le parapluie/Georges Brassens (Chanson pour l’Auvergnat, oct. 2011)
Il peut pleuvoir/Jacques Brel (Brel, octobre 2012)
La pluie/Polo (Alexandres, mars 2014)
La saison des pluies/Stacey Kent (Breakfast on the morning tram, septembre 2007)
La chanson de la pluie/Maurane (Toi du monde, août 2000)
Comme la pluie/Alex Beaupain (33 tours, juillet 2013)
Ma Bretagne quand elle pleut/Jean-Michel Caradec
Umbrella/Rihanna (radio edit, mai 2007)
Singin’in the rain/Gene Kelly (Singin’in the rain, octobre 2012)
Raindrops keep falling on my head/B.J. Thomas (Hooked on a feelin’: the best of, juin 2006)

Pochette de disque Sony Music

50 ans de musique enregistrée

Article publié le 08/10/2014

À l’occasion de ses 50 ans et de l’ouverture de la Loiretek, sa toute nouvelle plateforme de ressources numériques, la Médiathèque départementale du Loiret vous propose sa playlist d’un demi-siècle de musique enregistrée, du disque microsillon au fichier MP3, de Serge Gainsbourg à Radiohead.

Depuis son invention à la fin du 19ème siècle, l’enregistrement sonore n’a cessé d’évoluer. Grâce à lui, l’accès à la musique s’est largement démocratisé, investissant l’espace privé et public jusqu’à devenir une pratique culturelle quotidienne. La sélection que vous propose la Médiathèque départementale du Loiret témoigne de quelques-unes des grandes étapes de cette histoire : du premier album du jeune Serge Gainsbourg paru initialement sur disque microsillon 78 tours jusqu’au 7ème album de Radiohead, In rainbows proposé directement en téléchargement, en passant par le mythique Thriller de Michael Jackson, disque le plus vendu de l’histoire, quel que soit le format.

Quand l’histoire de la Médiathèque départementale rencontre celle de la musique

Les collections sonores de la Médiathèque départementale du Loiret reflètent en partie ces évolutions tant en termes d’offres que d’usages. Les cassettes audio mises en circulation dans les années 1970 ont été progressivement rejointes puis finalement remplacées par les disques compacts dans les années 1980 et 1990. Ce fonds sonore change aujourd’hui de dimension en s’enrichissant d’une offre musicale dématérialisée d’une richesse inédite grâce au million de titres proposés à l’écoute en ligne (« streaming ») par le catalogue du site musicMe hébergé sur la Loiretek.

Pour fêter cet évènement, la Médiathèque départementale du Loiret vous propose un petit retour en arrière afin de découvrir une brève histoire de la musique enregistrée Du vinyle au MP3.

 

 

La Playlist



Légende de la photo : Vinyl albums © Wikimedia Commons

Musique et Grande Guerre : entre distraction et mobilisation

Article publié le 02/12/2014

Quelques notes de musique dans un univers de bruit et de fureur… La Médiathèque départementale du Loiret vous propose un panorama de la musique populaire et savante pendant la Guerre 14-18, de la fameuse Madelon à la mélodie Noël des enfants qui n’ont plus de maisons de Claude Debussy.

Au moment où chaque ville et village de France s’apprête à honorer, le 11 novembre, ses enfants morts pour la France, certains songeront peut-être avec émotion au sentiment étrange qui a probablement saisi nos arrière-grands-pères quand a cessé le fracas des armes. Quatre années durant, les poilus ont combattu en effet dans un environnement sonore marqué par la guerre industrielle, un « bruit inouï » pour reprendre la belle expression de l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau.

On comprend mieux alors l’importance qu’a revêtue pour eux la musique, distraction éphémère aux horreurs et au vacarme du champ de bataille. Celle-ci n’a pas échappé non plus à la mobilisation des esprits, illustrée par l’importance du répertoire des œuvres patriotiques, tant dans le registre de la chanson populaire que de la musique savante.

En savoir plus ?

En lien avec les commémorations du centenaire de la Grande Guerre, la Médiathèque départementale vous invite à découvrir ses fiches thématiques Musique et Grande Guerre :

 

La Playlist

Légende de la photo : "La victoire en chantant", monument aux morts de Phalempin, région lilloise © Lamiot, Wikimedia Commons